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En Inde, la survie des plus pauvres impactée par le bouleversement du climat

Environnement Santé

À la mi-mai de cette année, le thermomètre a franchi la terrible barre des 49 degrés dans la capitale de l’Inde New Delhi. Il s’agit d’un record absolu pour la ville. Ces dernières semaines, le nord du pays et le Pakistan rencontrent des vagues de canicule régulières qui sont de plus en plus nocives pour la santé, essentiellement pour les millions d’ouvriers pauvres actifs en pleine journée en extérieur, ou pour les enfants dont le danger majeur est la déshydratation mortelle. Parmi les villes les plus chaudes du pays, il y a Ahmedabad. Elle est située dans la zone torride du nord-ouest de l’Inde. Aucune région n’est épargnée par ce phénomène, unique par son ampleur, de canicule intense.

Des habitations inadaptées au réchauffement

Afin de combattre cette terrible canicule compliquée à supporter pour les personnes les plus modestes, qui résident dans des petites habitations où la ventilation est mauvaise, une association leur permet de poser des « toits rafraîchissants ». Même le matin, il faut dire que la chaleur est déjà écrasante dans le pays. Il peut rapidement faire jusqu’à 45 degrés dans les rues du quartier populaire d’Ahmedabad, ville du nord-ouest de plus de six millions d’habitants. En intérieur de beaucoup d’habitations, la température descend de seulement quelques degrés.

Au plafond, beaucoup d’habitants ont des ventilateurs fonctionnant à toute vitesse. Or, ces derniers ne font que brasser un air terriblement brûlant. Outre l’impact évident sur le physique et la santé, ces températures extrêmes ont aussi un effet sur les revenus puisque beaucoup d’Indiens ne peuvent plus travailler qu’en matinée et en soirée. Autre donnée qu’il faut prendre en compte : les petits logements accueillent beaucoup trop de personnes (quelquefois 10 personnes dans 20 mètres carrés !), augmentant l’effet de chaleur.

Les températures sont aussi accentuées par les murs composés de briques et de ciment, et la présence d’une toiture en tôle d’amiante et avec une unique petite fenêtre. Ainsi, il n’y a aucune ventilation croisée. Ces dernières semaines, de plus en plus d’enfants sont touchés par le phénomène. Conséquences : ils vomissent et sont touchés par de violentes diarrhées.

Un réchauffement de quatre degrés d’ici 2100

Par exemple, le 11 mai dernier, les services de météo ont relevé un terrible 45,8 degrés à Ahmedabad, ce qui correspond à la chaleur la plus conséquente depuis six ans pour le mois de mai. La capitale du pays New Delhi est elle aussi touchée, avec un relevé en mai de 49 degrés, ce qui est d’ailleurs un record.

La totalité du nord de l’Inde est touchée par une canicule précoce, appuyée et longue. En mars 2022, le mois avait déjà été le plus chaud de l’histoire moderne du pays, avec des températures moyennes de 1,6 degré situées au-delà des normales saisonnières.

Une réalité frappante

Dans cette zone encastrée et surpeuplée, la terrible réalité du bouleversement du climat est frappante. Et cela ne fait que débuter : un rapport du ministère indien des Sciences de la Terre sur le réchauffement climatique, apparu l’année dernière, affirme que l’Inde va rencontrer un réchauffement de 4,4 degrés d’ici à 2100, en comparaison à la moyenne des années 1976 à 2005. Conséquence ? La survenue de canicules deux fois plus régulières et plus étalées dans le temps. Cela correspond à une hausse des températures quatre fois plus rapide que durant le vingtième siècle, et l’un des réchauffements les plus massifs du globe. Dans un pays où moins d’un habitant sur cinq possède une climatisation ou peut y accéder, ces chaleurs extrêmes donnent la mort. Une des astuces des Indiens pour diminuer l’impact du réchauffement est de peindre leur toiture avec une peinture réfléchissante blanche. Cela aurait pour effet, quand le soleil pointe le bout de son nez, de diminuer la température de l’habitation de quelques degrés.

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