L'éolien, l'une des énergies renouvelables ignorées par le projet de loi de souveraienté énergétique.

Souveraineté énergétique : les énergies renouvelables minimisées

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Les énergies renouvelables n’ont pas une grande place dans l’avant-projet de loi de souveraineté énergétique, exposé dimanche par la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher. Ce texte fait plutôt la part belle au nucléaire, auquel il assigne des objectifs chiffrés. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) dénonce une incongruité reposant sur des calculs politiques.

La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a dévoilé dimanche les grandes lignes de l’avant-projet de loi de souveraineté énergétique de la France à l’horizon 2035. Ce texte présenté par le gouvernement au Conseil national de la transition écologique (CNTE) fait la part belle au nucléaire en lui assignant plusieurs objectifs précis. Il prévoit principalement de maintenir une puissance installée d’au moins 63 GW et une disponibilité d’au moins 66 % dès maintenant et 75 % à partir de 2030.

Les énergies renouvelables mises en arrière-plan

L’avant-projet de loi envisage également la construction de huit réacteurs EPR dès 2026. Ce qui portera le nombre de réacteurs en France à 14. Ces installations devraient fournir au moins 13 GW supplémentaires pour la consommation nationale. Alors que l’atome civil fait l’objet d’une attention particulière, les énergies renouvelables se voient mises en sourdine. En effet, le texte revient en arrière par rapport à la loi actuelle en supprimant toute référence à des objectifs chiffrés de développement, à l’exception de la chaleur et du froid (reposant sur des méthaniseurs ou la géothermie).

Plus aucune mention des 30% de consommation finale en 2030

L’avant-projet de loi met en particulier en sourdine l’éolien et le solaire, deux sources d’énergies renouvelables intermittentes. En effet, leur production varie selon les conditions météorologiques, ce qui provoque des réticences en France. L’exécutif ne fait clairement plus mention des 30% en part de consommation finale en 2030 comme c’est écrit dans l’exposé des motifs du projet de loi de souveraineté énergétique. Ce pourcentage était déjà peu ambitieux car Bruxelles demandait à chaque État d’atteindre 44% d’énergies renouvelables d’ici la fin de la décennie.

Les énergies renouvelables seulement en complément des autres sources

Interrogé sur la place réservée aux énergies renouvelables dans l’avant-projet de loi de souveraineté énergétique, l’entourage de la ministre Agnès Pannier-Runacher assure que le texte confie bel et bien un rôle crucial à ces énergies. Il invoque notamment le 5ème alinéa de l’article 1er qui stipule que les énergies renouvelables devront compléter les autres sources disponibles (nucléaire, hydraulique, biomasse, etc.) pour « assurer la couverture des besoins en électricité décarbonée ». Le cabinet de la ministre ajoute que les objectifs de chaque filière renouvelable seront déclinés au niveau réglementaire avec la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) en cours de préparation et attendue à l’été prochain.

Le gouvernement veut-il contenter la droite ?

Mais ces explications ne convainquent personne. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) estime que pour sortir des énergies fossiles, il n’y a pas besoin d’opposer nucléaire et énergies renouvelables. Les deux doivent faire l’objet d’une attention particulière. Pour son président Jules Nyssen, il n’y a aucun doute : « le Gouvernement cherche légitimement à former une majorité autour de son texte » en contentant la droite et l’extrême droite qui ne veulent pas parler des énergies renouvelables. Il appelle donc l’exécutif à inclure dans son avant-projet de loi un objectif clair de 45% dans la consommation énergétique d’ici 2030. Pour l’heure en consultation, le texte sera présenté en Conseil des ministres fin janvier ou début février.

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