Revolution digitale La Revue des Transitions

La révolution digitale poursuit son expansion mondiale

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La digitalisation est devenue un maître mot à l’échelle du globe. Si les grandes puissances poursuivent ce processus d’informatisation et d’automatisation de la vie économique, des pays émergents se lancent également dans leur propre révolution digitale, s’inspirant des pionniers. À l’échelle des entreprises, cette métamorphose profonde s’accompagne également du recrutement de personnes aux compétences adéquates. 

Parler de transformation numérique revient à évoquer plusieurs aspects de la vie d’une entreprise. De fait, la digitalisation embrasse plusieurs champs : l’innovation technologique, les réseaux sociaux, les objets connectés, la data, le cloud, l’intelligence artificielle ou encore la réalité virtuelle. 

La transformation numérique : un challenge, mais aussi une opportunité

Selon une étude menée par l’Acsel (association de l’économie numérique) et ses partenaires Google, Salesforce, Solocal, la CCI Paris Ile-de-France, le Meti, Prestashop et le MBA DMB, la transformation digitale a une influence majeure sur la croissance des entreprises : les PME qui se numérisent ont ainsi 2,2 fois plus de chances de connaître une hausse de chiffres d’affaires. De l’aveu des trois quarts des dirigeants interrogés dans les PME et de 87% dans les entreprises de taille intermédiaire, le digital représente un levier de croissance. Ces résultats, tirés de la 3e édition du baromètre Croissance & Digital publié en avril dernier, sont à mettre en relation avec l’apport du numérique sur l’économie française dans son ensemble. Pour l’heure, la France dégage 6% du PIB de ses efforts de digitalisation. Alors qu’une entreprise sur deux a véritablement entamé un processus de digitalisation, le potentiel de développement est considérable. Selon le classement eCAC40, les grandes entreprises progressent, en particulier dans l’industrie.

En France et en Allemagne, des transformations digitales en cours

Qu’est-ce qui se manifeste concrètement dans les sociétés franchissant le pas de la transformation digitale ? La dernière session d’Innovation & Connaissance organisée en mai par l’école de commerce Skema en donne un aperçu. Y était notamment présente Maria Harti, directrice des nouvelles mobilités régionales SNCF TER et initiatrice d’IDTGV. Pour le transporteur ferroviaire, la digitalisation s’est faite « par petits bouts », a précisé la dirigeante. « Aujourd’hui nous utilisons les nouvelles technologies qui arrivent pour continuer à faciliter la vie des voyageurs et des collaborateurs », a-t-elle expliqué, pointant trois règles d’or pour amorcer une transformation digitale « savoir ce que nous voulons devenir, travailler pour faciliter la vie, et changer enfin le rôle du manager pour le voir devenir un facilitateur. »

Autre secteur où la digitalisation prend forme : l’énergie. Chez EDF, la digitalisation de la relation client est en marche. Les Français se tournent de plus en plus vers les espaces client online du producteur d’électricité, à la fois pour souscrire aux offres et pour consulter leurs factures et leurs consommations. « Le digital change la façon dont nous travaillons et dont nous nous adressons aux clients. L’ensemble de nos métiers se transforment », souligne Véronique Lacour, Directeur exécutif groupe Transformation et Efficacité opérationnelle chez EDF. Une dynamique qui donne lieu à des gains non négligeables pour l’environnement grâce à l’abandon des documents papier au profit des versions électroniques, tout comme l’utilisation de système d’informations fiables et d’outils comme Linky, qui permettent de mesurer la consommation en temps réel plutôt que de l’estimer.

Un accompagnement numérique des clients qui tend à se généraliser à d’autres secteurs. Outre-Rhin, Volkswagen peaufine sa nouvelle stratégie de ventes, qui sera effective en avril 2020. Elle repose sur un parcours d’achat inédit, avec la dotation pour chaque client d’un identifiant personnel, qui permettra aux acheteurs de véhicules connectés de se voir doté de services digitaux, notamment une assistance individuelle. D’ici deux ans, le constructeur proposera une plate-forme en ligne où seront concentrées les ventes, les reprises et les offres de financement.

Le Vietnam accélère sa révolution digitale

En mars dernier, Paris accueillait la première édition du Vietnam Global Leaders Forum. Un congrès qui a permis de revenir sur les tendances en cours dans un pays où la transformation digitale débute. L’Etat d’Asie du Sud-Est, pour qui le numérique pourrait représenter 33 milliards de dollars de PIB d’ici 2025, s’inspire des pays pionniers. Viettel, important opérateur de téléphonie vietnamien, a profité de l’événement parisien pour échanger avec des experts suisses, anglais ou français autour de la construction de cadres juridiques pour sécuriser l’environnement numérique en cours de développement, mais aussi de l’implantation d’un réseau 5G ultra-haut débit et de la réalisation d’une plate-forme d’open-data. Le Vietnam entend accélérer le développement des compétences nécessaires à sa mutation technologique. Des groupes comme Viettel cherchent ainsi à former des techniciens qualifiés pour accompagner au mieux un secteur en pleine croissance.

Le recrutement, clé de voûte de la digitalisation

La recherche de personnes disposant de compétences spécifiques en matière de digitalisation est un enjeu majeur. Ainsi, la formation d’étudiants spécialisés dans l’IA tend à se développer, à mesure que les investissements se multiplient à la fois côté public (la France va placer 1,5 milliard d’euros dans ce secteur, l’Allemagne 3 milliards et la Chine… 22 milliards), et privé. La France se distingue en la matière, notamment avec le Centre scientifique et technologique de l’Université de Paris Saclay. Les GAFAM n’hésitent plus à investir en France, comme en atteste la création d’écoles et de laboratoires d’IA par Facebook et Microsoft à Paris. La France a bien compris l’enjeu de la formation pour gagner la course mondiale à la digitalisation. D’autant plus que d’après une étude de BCG et Cadremploi publiée en mai 2019, les talents dans le digital sont plus enclins à se déplacer : ils sont 2/3 à affirmer pouvoir s’expatrier, contre 55% dans les secteurs non digitaux.

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