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Quel lien entre le prix des carburants et la transition écologique ?

Environnement

Face à la grogne de nombreux Français contre l’augmentation des taxes sur les carburants, diesel en tête, le gouvernement assure rester droit dans ses bottes et assume ces augmentations qui vont impacter en masse la population. L’exécutif défend sa fiscalité écologique en mettant en avant les compensations éventuelles pour les personnes et les entreprises impactées.

Dans une déclaration en date du 23 octobre, le premier ministre Edouard Philippe explique : « Lorsqu’on dit qu’il faut décarboner l’économie, tout le monde est d’accord. Mais quand on applique ces beaux principes sur l’utilisation de l’essence ou du gazole, c’est plus difficile à assumer. Nous, nous prenons nos responsabilités ». Cette déclaration est particulièrement adressée à la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault, qui avait précédemment déclaré que cette mesure revenait à « faires les poches des Français ». En 2014, c’est un gouvernement socialiste qui pour la première fois en France a lié l’augmentation des taxes sur les carburants à une politique d’écologie. Boris Vallaud, député socialiste, justifie ainsi leur choix passé : « Le cours du pétrole était alors plus bas. Aujourd’hui, vous avez des travailleurs vraiment pénalisés par la hausse des prix du carburant et le gouvernement doit en tenir compte ».

Alors, comment la hausse de ces taxes peut-elle être bénéfique pour l’environnement ? Selon le gouvernement, c’est une incitation sous la forme de « pollueur-payeur » à s’équiper de véhicules électriques ou hybrides. D’où le maintien d’aide à l’achat pour ce type de véhicules, pour les particuliers et pour les entreprises. Lundi dernier alors que les réseaux sociaux s’agitaient contre ces décisions, Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances déclarait : « Une prime supplémentaire pourrait être versée par les constructeurs eux-mêmes, notamment pour les achats de véhicules électriques et hybrides rechargeables ».

Petit bémol, ces aides à l’achat représentent moins de 8% en général du prix total, prix bien plus élevés que sur des modèles classiques. Les véhicules « conseillés » par le gouvernement restent donc bien trop chers pour une majorité de la population qui devra donc maintenir sa consommation d’essence tout en la payant de plus en plus chère alors que les plus riches pourront changer de véhicule, diminuer leur consommation de carburant, tout en profitant d’une aide de l’état. Second bémol, si l’on exclue les grosses cylindrés américaines peu communes sur les routes de l’hexagone, les voitures les plus polluantes, entendre ici celles qui consomment le plus, sont les voitures les plus anciennes. En dehors des voitures des rares collectionneurs, leurs propriétaires sont le plus souvent des ménages n’ayant pas les moyens de changer de véhicule y compris avec une aide à l’achat. Le gouvernement incite donc financièrement les personnes aisées qui disposent de véhicules peu polluants à explosion pour des véhicules peu polluants hybrides mais sans permettre aux plus polluants, les véhicules des ménages pauvres, de se renouveler.

 

 

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