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Michael D. Higgins réélu président de la république d’Irlande

Géopolitique Société

L’Irlande a réélu, dimanche 28 octobre 2018, Michael D. Higgins pour un deuxième septennat avec près de 56% des suffrages exprimés. L’homme d’affaires Peter Casey est arrivé en seconde position avec 23.1% des voix et aucun autre candidat n’a fait plus de 10%.

Un homme d’Etat plutôt qu’un homme d’affaires

Né il y a 77 ans à Limerick, dans l’ouest du pays, Michael Higgins fut élevé par son oncle. Passionné de poésie, il étudiera ensuite à l’université de Galway. Dans sa carrière politique, son intellectualisme et ses discours prolixes de professeur d’université l’ont parfois desservis, tout comme ses convictions socialistes, dans pays gouverné par des partis de centre-droit depuis sa création en 1921.

Mr Higgins est le premier président sortant à devoir faire campagne pour un deuxième mandat en 50 ans. Toutefois, même si le président est le « premier citoyen d’Irlande »,son rôle reste calqué sur celui du monarque britannique. Autrement dit, sa fonction est principalement symbolique. Il n’a pas le droit de s’impliquer dans la vie politique du pays.

Sa campagne avait néanmoins le soutien de son parti travailliste et de la plupart des autres partis de droite comme de gauche. Seule Sinn Fein, l’ancien bras politique de l’IRA, avait décidée de porter une candidate, l’eurodéputée Liadh Ni Riada. Une tentative manquée puisqu’elle ne recueille que 6,4% des bulletins de vote. Mis à part un sénateur indépendant, les autres opposants à Mr Higgins étaient tous des artistes de télé réalité irlandais.

Tous ont mis en avance leur carrière d’homme d’affaires pour se faire élire. L’un d’entre eux, Peter Casey, s’en est également pris à la communauté nomade des travellers irlandais et a défendu un rôle plus politique du mandat de président. Il finit deuxième, enregistrant un écart surprenant avec les enquêtes d’opinion.

Une abstention forte et la fin d’une tradition catholique en Irlande ? 

Malgré un taux d’abstention élevé, presque 65% des votants ont aussi décidé de retirer le blasphème de la liste des délits couverts par la Constitution de la république. En conséquence, le parlement irlandais devrait retirer les lois anti-blasphème de la Constitution dans les semaines qui suivent.

Ce changement pourrait sembler anodin car personne n’a jamais été reconnu coupable sous cette loi depuis l’indépendance de l’Irlande. Néanmoins, avec la reconnaissance du mariage gay en 2015 et la légalisation de l’avortement cette année, le pays tourne de plus en plus la page d’un chapitre conservateur et catholique de son histoire.

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