Emploi des jeunes : légère amélioration mais des problèmes structurels toujours persistants

Travail

Dans le sillage de la crise sanitaire, l’emploi des jeunes a suscité de vives inquiétudes en France. Mais, la politique volontariste du gouvernement et les campagnes de recrutement et de formation à destination des jeunes lancées par plusieurs grandes entreprises, comme SFAM, Norauto ou encore Carrefour permettent d’entrevoir une très légère embellie sur ce sujet hautement sensible. Pour autant, avec 19,8 % de jeunes sans activité, le chômage reste très élevé dans cette catégorie de population. La faute à des problèmes structurels, notamment un déficit de main-d’œuvre qualifiée.

Des aides publiques en forme d’accélérateur d’accès à l’emploi

Au second trimestre 2021, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité de moins de 25 ans a baissé de 2,1 %. Une baisse plus prononcée que le reste de la population, où elle se limite à 1,4 %. Plus que les autres catégories d’âge, les jeunes sont particulièrement sensibles aux soubresauts économiques. De l’avis de Stéphane Carcillo, économiste et responsable de la division Emploi et Revenus de l’OCDE, « ils se retrouvent au chômage parce qu’ils ont des contrats précaires et manquent d’expérience. Quand cela va mieux, on les reprend parce qu’ils sont moins chers, mobiles, et qu’ils acceptent… les contrats précaires ». Les perspectives de court-terme suggèrent que cette tendance à la baisse du chômage des jeunes devrait se poursuivre dans les mois à venir.

Les aides de l’État ont permis, sans doute, de limiter la casse. Les entreprises embauchant un jeune de moins de 26 ans en CDD de trois mois au moins ou en CDI peuvent ainsi bénéficier d’une prime de 4 000 euros. Tandis que celles prenant des jeunes en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation peuvent compter sur un soutien financier compris entre 5 000 à 8 000 euros. Un volontarisme de l’État salutaire dans une période troublée, qui s’est doublé d’une prolongation de l’opération « Un jeune, Un emploi », lancée en juillet 2020 et renforcée en novembre dernier. En tout et pour tout, ces différents mécanismes d’aide auraient permis l’embauche de plus d’un million des jeunes en CDD longue durée ou en CDI ces derniers mois. Mais, si les entreprises ont joué le jeu, rien n’indique que cette tendance de reprise sur le marché de l’emploi des jeunes puisse se poursuivre lorsque le gouvernement choisira de resserrer la vis.

Le manque de main-d’œuvre qualifiée : un problème toujours structurel

D’autres problèmes plus structurels contribuent en effet aussi au chômage des jeunes. Notamment le manque de compétences spécialisées. De l’avis de François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), « il y a pénurie de main-d’œuvre ». Il déplore « un vrai problème structurel », lié à un « échec de l’orientation, plus qu’un manque d’actifs en recherche d’emploi ». Selon les conclusions d’une enquête de la Conférence des grandes écoles (CGE), « l’apprentissage reste le meilleur passeport pour l’emploi ». En effet, selon les données de cette étude, les diplômés issus de l’apprentissage bénéficient d’un taux d’insertion professionnel supérieur de 4,5 points à celui du reste des diplômés.

La stratégie de l’alternance est d’ailleurs plébiscitée par de nombreuses entreprises, qui convertissent très souvent l’apprentissage en CDI ou CDD, signe de la pertinence de ce type de formation. SFAM, par exemple, fait figure de référence dans ce domaine avec la création de deux diplômes en alternance au sein de SFAM Académie, un BTS en BAC + 2 et un Bachelor en Bac + 3. Pour ceux ayant achevé leur formation et démontré leur capacité d’adéquation avec le poste, un emploi de téléconseiller en CDI est systématiquement proposé par SFAM. Le choix de la formation interne pour répondre à une demande difficilement trouvable en externe est aussi très utilisé dans le BTP. Engie, par exemple, a lancé à la fin de l’année 2020 un centre de formation des apprentis (CFA) regroupant une quarantaine de jeunes. Idem dans l’industrie, où l’entreprise Magsi a lancé sa propre académie, destinée à la formation de soudeurs en interne sur une durée de 3 mois. Dans le bassin loudéacien, trois entreprises se sont mises en commun pour ouvrir, en octobre 2021, un centre de formation d’ouvriers qualifiés à destination des jeunes pour répondre à leurs besoins en main-d’œuvre.

D’autres entreprises ont elles aussi multiplié les annonces à destination des jeunes. Norauto, par exemple, très impliqué dans le dispositif « Un jeune, Une solution », avait annoncé en mai dernier lancer le recrutement de 1 000 jeunes, à tous les niveaux de diplôme. Carrefour, de son côté, avait annoncé en février 2021 le recrutement de 15 000 jeunes. Si les perspectives sont rassurantes, notamment grâce aux politiques de recrutement volontaristes de certaines entreprises, le secteur de l’emploi des jeunes est encore très fortement touché par une inadéquation dommageable entre les places offertes et les formations reçues pendant les études

 

 

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