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La menace grandissante du permafrost

Environnement

Le permafrost ou pergélisol, qui est tout simplement en train de fondre à cause du réchauffement de la planète, représente un véritable danger pour plusieurs raisons. Par exemple, à la suite d’un été extrêmement chaud en Sibérie et dans les Alpes, le permafrost dégrade les parois des montagnes.

Un grand risque à cause des bulles de méthane

En survolant la toundra de la Sibérie, exactement dans la zone de la presqu’ile de Yamal (grande péninsule russe progressant sur près de 700 km dans l’océan Arctique depuis la Sibérie occidentale), qu’un groupe de TV du pays a déniché, à son plus grand étonnement, un titanesque cratère de cinquante mètres de fond, avec autour de ce dernier une multitude de débris rocheux mais également de la terre. La formation du cratère a été causée par une terrible explosion liée au permafrost. Ce sol censé était tout simplement gelé depuis des années. Désormais, il fond à vitesse grand V, encore plus avec l’été que nous venons de vivre. En plus, la température dans la zone a tutoyé les quarante degrés.

Lorsque le couvercle de glace se rompt, les éléments organiques comme par exemple les champignons et les bactéries capturés depuis des décennies et des siècles dans le sol se mettent à chauffer. Le phénomène peut être comparé à un méthaniseur. En faisant cela, ils émettent un gaz. Il s’agit du méthane. Ce dernier exerce une pression sur le sol, jusqu’à ce dernier vole tout simplement en morceaux. Des professionnels de l’Académie des sciences de Russie se sont rendus à Yamal dans le but d’étudier 17 cratères situés à proximité des villages et des installations gazières de la zone. Via des observations satellitaires, les experts affirment qu’il y a environ 7 000 dômes bombés, de véritables bombes à retardement (bulles de méthane) qui peuvent exploser sur la totalité de la Sibérie.

Les Alpes sont aussi touchées

Si la Sibérie et ses trois habitants au km2 semblent une menace lointaine pour un pays comme la France, ce n’est certainement pas le cas des Alpes avec leurs treize millions d’habitants. Là également la fonte du permafrost est de plus en plus visible. Ce dernier est présent sur le sommet des montagnes. On peut le comparer au ciment des parois rocheuses. Or, ce dernier est actuellement en train de céder à cause de la chaleur de plus en plus prononcée et longue des étés. Et cela a des conséquences : par exemple, dans la commune de Monétier-les-Bains, située dans les Hautes-Alpes, on ne peut désormais plus prendre le célèbre vallon du Grand-Tabuc, chemin permettant d’aller sur une des voies d’alpinisme les plus magnifiques. Il s’agit de la Goulotte Fantomas.

Autre conséquence récente, ayant eu lieu il y a quelques semaines : près de cent cinquante mètres de parois sont tombés à trois mille mètres d’altitude. Ainsi, le peloton de gendarmerie de haute montagne a survolé la zone et sont parvenus à trouver des blocs de roches en suspension, pouvant s’effondrer n’importe quand. C’est pourquoi désormais on ne peut plus avoir accès à la montagne. Là également, l’été 2020 a été extrêmement chaud, battant des records avec une température de plus de 25 degrés à une altitude de deux mille mètres. Néanmoins, dans cette zone alpine et au contraire de la Sibérie, il n’y a pas d’explosion du permafrost mais effondrement de ce dernier, changeant ainsi pour toujours l’apparence des cimes.

Des virus provenant du pergélisol lâchés dans la nature

À part ses conséquences climatiques, le phénomène de la fonte du permafrost engendre un autre problème de taille : la libération des virus et des bactéries, ce qui représente évidemment un terrible risque sanitaire. Par exemple, durant l’été 2016, un enfant est décédé dans la zone sibérienne. La cause ? La maladie du charbon (également nommée anthrax). Or, cette dernière n’existait plus dans la zone depuis près de 75 ans. Pour les experts, l’explication est simple : l’enfant a été contaminé à la suite d’un dégel d’un cadavre de renne décédé de cette maladie il y a des dizaines et des dizaines d’années. Une fois dans l’environnement, la bactérie mortelle, se gardant d’ailleurs parfaitement dans le permafrost durant environ plus d’un siècle, a contaminé différents troupeaux.

En plus, le danger ne concerne pas uniquement la maladie du charbon. Effectivement, des experts sont parvenus à dénicher ces dernières années deux genres de virus géants, dont l’un âgé de plus de trente mille ans, parfaitement conservé dans le permafrost. Dans ces lieux arctiques, que la fonte du permafrost a permis de rendre accessibles aux secteurs miniers et pétroliers, les professionnels affirment que des virus extrêmement dangereux pourraient être libérés si les sous-sols sont bougés trop profondément par l’être humain.

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