pollution sols France

La pollution des sols est « grandement sous-estimée » dans le pays

Environnement

Il existe des lois pour l’air et pour l’eau afin de les protéger de la pollution. Or, il n’y en a toujours pas par rapport aux sols. Néanmoins, la commission d’enquête sénatoriale par rapport aux soucis sanitaires et écologiques en lien avec les pollution des sols ont fait une proposition dans ce sens. Ces pollutions concernent les activités de type industrielle ou minière. Cette commission a dévoilé son rapport en septembre. Par contre, les pollutions liées aux activités agricoles, et par conséquent à l’utilisation des pesticides, ne sont pas concernées.

Arsenic et déchets toxiques retrouvés dans les sols

La France possède plus de 320 000 sites d’activités industrielles (ou de services) à l’arrêt et environ trois mille anciens zones minières. Tout cela est l’héritage d’un passé industriel et minier. Néanmoins, même si ces endroits sont désormais fermés et inactifs, ils émettent encore une pollution pouvant avoir des conséquences majeures sur la santé des personnes mais également sur la nature. Ces sites contribuent fortement à la dégradation de la qualité des sols.

Prenons comme exemple la vallée de l’Orbiel dans le département de l’Aude. Là-bas, se trouve l’ancienne mine d’or de Salsigne, active pendant plus de 110 ans, de 1892 à 2004 exactement. Il s’agissait tout simplement de la plus grande du continent européen. Encore aujourd’hui, elle crache de façon régulière des millions de tonnes d’éléments toxiques. Cela a notamment été le cas lors des dramatiques inondations de 2018 où de l’arsenic accumulé dans la terre avait été rejeté. Les élus s’étant rendus sur les lieux avaient été tout simplement « horrifiés » de l’ampleur des dégâts.

Manque de transparence et communication erratique

Avec l’exemple de la vallée de l’Orbiel et de sa vieille mine d’or de Salsigne, nous pouvons constater la majorité des soucis en lien avec une pollution historique. La commission d’enquête soulève aussi la totale impuissance de l’État à faire assumer par les anciens exploitants leurs fautes par rapport à la mise en sécurité des lieux concernés et la dépollution. Il y a également une absence de transparence au niveau de l’information sur les différentes causes de pollution et les dangers liés. La communication des pouvoirs publics sur le phénomène et sur les aspects sanitaires et écologiques est totalement floue.

Ces différentes failles ont engendré une défiance totale de la population en direction des autorités. Début septembre, les associations locales ont pris la décision de ne pas prendre part à la nouvelle étude effectuée par l’Agence régionale de santé. Cette dernière doit permettre d’apporter de nouvelles informations sur l’imprégnation en arsenic des enfants. Les associations ont pris la décision de faire leur propre campagne d’analyse, avec l’appui d’environ une centaine de volontaires, par rapport à près d’une cinquantaine d’éléments nocifs et toxiques.

Quelles sont les solutions ?

Comme la plupart du temps, en France, il y a des textes. Ainsi, il faut juste les appliquer ou les adapter, les changer. La commission fait notamment une demande de cartographie des pollutions. Autre souhait de cette dernière : que la recherche par l’État de la responsabilité des exploitants jusqu’à trente ans à la suite de l’arrêt de leurs sites soit réellement mise en œuvre. Comme vous pouvez le constater, il s’agit de propositions non astreignantes sur lesquelles il est nécessaire de s’attarder le plus rapidement possible.

Une chose est certaine : il n’y a pas de zone du territoire qui se révèle être épargnée. Autant il y a un intérêt législatif par rapport à l’air respiré, l’eau consommée est étudiée et analysée de près, autant le sol sur lequel on évolue et on travaille intéresse peu …

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