Bannière du site Ozon, leader du e-commerce en Russie

E-commerce : un secteur en plein boom en Russie

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En dépit d’une croissance économique atone (- 0,7% au premier semestre) et d’un retard de départ dû à des infrastructures datées, l’e-commerce russe s’est envolé de 26% cette année, selon une étude du centre russe Data Insight. Cet essor des achats en ligne s’appuie sur certaines réalités comme les distances énormes, la faible densité dans certaines zones et surtout le climat très froid de ce pays.

L’e-commerce est devenu aujourd’hui un secteur à la croissance astronomique en Russie, malgré des défis logistiques énormes. Le nombre de commandes a en effet explosé de 44% pour s’établir à 191 millions. En cinq ans, la part du commerce en ligne dans ce pays est passée de 2% à environ 6%. A titre de comparaison, cette part est de 9% en France et 14% aux Etats-Unis en 2018. Selon Alexandre Choulguine, le patron d’Ozon, l’un des géants du e-commerce russe, le potentiel est « bien supérieur » à ce qu’il est donné de voir maintenant. La véritable croissance « n’a même pas commencé ».

« La Russie est le pays idéal pour l’e-commerce »

La croissance du commerce en ligne russe peut s’expliquer par le besoin d’éviter les embouteillages monstres (c’est aussi le cas chez nous en France), mais également par les distances énormes et la faible densité de certaines régions. La Russie, plus grand pays par sa géographie (17,1 million de kilomètres carrés) ne comptait que 144,5 millions d’habitants en 2017. Soit une densité de 8 habitants par kilomètre carré. Mais le peuplement est plus dense dans la partie européenne, moins sujette aux températures glaciales comme les régions reculées de l’est.

Là-bas, « Quand le commerce en ligne arrive dans une petite ville cela change complètement la donne », souligne le patron d’Ozon. Les villages ont soudain accès à pléthore de produits à bas prix. La rudesse du climat est également un allié pour les commerces en ligne. « Quand il fait froid dehors, les gens préfèrent faire leurs achats en ligne, donc la Russie est le pays idéal pour l’e-commerce », déclare tout sourire Alexandre Choulguine.

De nombreux acteurs se partagent le gâteau

Ozon se frotte évidemment les mains. A Moscou, son centre traite plus de « 100.000 colis par jour et environ 2.000 personnes y travaillent quotidiennement ». Pour livrer dans les coins les plus éloignés, l’entreprise s’appuie sur la poste, présente dans la plupart des villages. Dans les villes, elle privilégie les coursiers, points de retrait et casiers automatiques codés.

Le groupe d’Alexandre Choulguine n’est pas le seul à se gaver de ce marché florissant. De nombreuses startups sont devenues de véritables empires. C’est le cas du site Wildberries et la pharmacie en ligne Apteka.ru, qui ont enregistré une progression de 107% de leur chiffre d’affaires au premier semestre 2019. Ces sociétés forment le trio gagnant avec Ozon.

La patronne de Wildberries, deuxième femme milliardaire en Russie

Créée en 2004, Wildberries est le numéro un actuel du e-commerce russe et le troisième site de vente de mode en ligne dans le monde en termes de trafic, derrière les géants H&M et Macy’s. Sa très discrète patronne Tatiana Bakalchouk (30 ans) n’est que la deuxième femme russe à être devenue milliardaire, avec une fortune estimée par Forbes à un milliard de dollars. Citons enfin Yandex.Market, un autre leader du commerce en ligne en Russie qui a indiqué cette semaine avoir enregistré une hausse spectaculaire de son chiffre d’affaires de 143 % !

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