Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec les associations ultramarines en avril 2017

Réforme des retraites : après les calendes grecques, les calendes macroniennes ?

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« On connaissait les calendes grecques, maintenant on va découvrir les calendes macroniennes », a déclaré Xavier Bertrand, invité du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI ce dimanche 10 novembre. Le président de la région Hauts-de-France exprimait ainsi son inquiétude  face à la « clause du grand-père », l’un des principaux points de désaccords de la réforme des retraites.

La réforme divise au sein du gouvernement

Portée par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, la réforme des retraites divise syndicats et exécutif sur trois points clés, dont l’âge pivot, la pénibilité et la « clause du grand-père ». Ce dernier point est l’ultime carte que le chef de l’État garde dans sa manche pour faire passer son « système universel » censé remplacer les 42 régimes existants. La « clause du grand-père » consisterait à n’appliquer la réforme qu’aux jeunes qui entreront sur le marché du travail après le vote de la loi, prévu en juillet 2020, voire après son entrée en vigueur envisagée en 2025. Ce qui serait objet de discrimination.

Jean-Paul Delevoye estime que « Si on (le) fait pour une profession, il faut (le) faire pour tout le monde, question d’équité, ça veut dire que l’on renonce à la réforme ». Pour la CFDT, seule grande centrale syndicale à soutenir le projet, cette clause renverrait la réforme et ses possibles avancées aux calendes grecques. « Si (c’est) juste (pour) les nouveaux entrants, ça veut dire que les femmes, il faut qu’elles acceptent encore pendant une quarantaine d’années d’avoir une retraite en moyenne inférieure de 30% à celle des hommes », a expliqué vendredi son secrétaire général, Laurent Berger.

« On ne va pas attendre 40 ans, avec la clause du grand-père »

Xavier Bertrand, invité du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI ce dimanche 10 novembre, affirme que les calendes grecques sont encore plus acceptables que les futures calendes macroniennes. « Si le gouvernement est persuadé que la réforme des retraites est bonne qu’il la mette en place au 1er janvier. On ne va pas attendre 40 ans, avec la clause du grand-père. On connaissait les calendes grecques, maintenant on va découvrir les calendes macroniennes », a taclé le président de la région Hauts-de-France. Selon lui, « Le gouvernement n’a pas voulu dire la vérité et ce qui se prépare c’est une réforme injuste (…) Cette réforme aboutira à une baisse généralisée des pensions ». Un scenario que redoutent les syndicats.

Une manifestation contre la réforme en décembre

Les grands perdants potentiels de cette réforme des retraites seraient les bénéficiaires de régimes spéciaux largement financés par le contribuable ou les agents actifs de la fonction publique qui voient aujourd’hui le montant de leur pension calculé sur les six derniers mois d’activité et non, comme dans le privé, sur les vingt-cinq meilleures années.

Pour manifester leur opposition à cette réforme chère à Macron, plusieurs organisations syndicales et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL, UNEF) vont organiser une « première journée de grève interprofessionnelle » le jeudi 5 décembre.

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