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La qualité de vie au travail : une équation à ne pas sous-estimer

Travail

Alors que se déroule du 17 au 21 juin la seizième semaine pour la qualité de vie au travail, de plus en plus d’entreprises françaises semblent s’atteler au bien-être de leurs salariés.

« La qualité de vie au travail et les questions de performance sont intimement liées » expliquait en amont de l’ouverture de la semaine pour la qualité de vie au travail, Matthieu Pavageau, le directeur technique et scientifique de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). Créée en 1973 et sous tutelle du ministère du Travail, cette agence publique tente de mettre en avant la nécessité pour les entreprises de disposer d’une politique de bien être des salariés, pour des raisons humaines mais aussi économiques.

Trop peu d’entreprises impliquées

« La QVT, c’est précisément une façon d’articuler les enjeux d’efficacité de l’organisation et de développement humain en s’intéressant aux questions du travail : comment on s’organise pour bien coopérer, comment on parle du travail pour en enrichir le contenu, comment on évalue l’efficacité de nos modes opératoires… » précise Matthieu Pavageau.

Selon un sondage BVA-Bpi group publié en février 2019, 66% des salariés de plus de 15 ans se déclarent satisfaits de leur qualité de vie au travail, mais seuls 15% constatent une implication de leur entreprise sur cette problématique. Par ailleurs, 38% d’entre eux estiment subir du stress au travail, et un salarié sur deux affirme avoir subi des phases de fatigue intense en raison d’une surcharge de tâches.

Pour le ministère des Solidarités et de la santé, la QVT est l’ensemble « des actions qui permettent de concilier amélioration des conditions de travail pour les salariés et performance globale des établissements ». Une politique de QVT efficace doit ainsi passer par « des modifications managériales » visant à « sortir d’un système hiérarchique descendant et aller vers une organisation plus transversale ». « Elle n’est pas limitée à certaines personnes désignées, elle est l’affaire de tous » conclut le ministère. Et cela passe avant tout par la reconnaissance des salariés au sein de leur entreprise car selon une autre étude réalisée par BVA pour Salesforce, 22% des Français se déclarent souvent démotivés par leur travail. Or davantage impliqués, considérés, écoutés et encouragés, les salariés seraient plus motivés et productifs. « Prendre en compte l’avis des équipes sur la vie de l’entreprise, les responsabiliser davantage sur leurs missions crée une vitalité positive et une émulation globale dont tirera profit de facto le collectif.”, explique Christophe Carval, Directeur des Ressources Humaines chez EDF.

Des exemples encourageants

Si de nombreux efforts restent encore à faire pour rejoindre certains pays – notamment scandinaves – ayant déjà pleinement intégré les problématiques QVT, certaines entreprises françaises ont déjà pris le problème à bras le corps.

On peut par exemple citer l’Oréal qui parmi d’autres mesures, a mis en place un système de solidarité, à travers une plateforme, permettant d’échanger ou de donner ses jours de congés aux salariés en ayant le plus besoin (maladies, enfants etc.).

Deliveroo, la plateforme de livraison de repas, a de son côté mis en place un ensemble de mesures autour des activités sportives. Les livreurs bénéficient ainsi d’un pass gratuit pour une salle de sport, de séances de méditation, ou encore de sensibilisation sur des problématiques liées à la santé. Une réussite puisque près de 74% des salariés se seraient impliquées dans au moins une partie du programme.

Vers la massification du télétravail ?

De son côté, le géant français de l’électricité, EDF, a mis en place, en partenariat avec les syndicats, une politique ambitieuse de développement du télétravail. S’appuyant sur l’usage du numérique, le télétravail est souvent l’une des transformations les plus réclamées par les salariés des entreprises. Outre les retombées positives en termes de bien-être et d’équilibre vie personnelle/vie professionnelle, il permet également de réduire les trajets et donc, de fait, les émissions de gaz à effet de serre. « Nous voulons être un électricien bas carbone. Soyons aussi un employeur bas carbone. Dans ce sens, le télétravail, en limitant chaque semaine les transports aux heures de pointe, a un impact environnemental positif », rappelle Jean-Baptiste Obeniche, de la Direction Santé Sécurité et Performance au Travail à la DRH Groupe chez EDF. Et le résultat est au rendez-vous comme l’atteste Christophe Carval, Directeur des Ressources Humaines chez EDF « avec plus d’un quart de télétravailleurs parmi les 24 000 salariés éligibles, ce sont 10 % des collaborateurs en home-office une partie de leur temps et 99 % de télétravailleurs satisfaits. »

Dans un contexte où les maladies psychologiques ou physiques liées au travail ne cessent d’augmenter, ces initiatives apparaissent plus que nécessaires. De plus en plus de grands groupes commencent à mettre en place des politiques de QVT aux résultats visibles, mais la problématique peine encore à s’insérer dans les petites et moyennes entreprises.

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