Big data

Afrique : le Big Data au service de l’agriculture

Alimentation Numérique Travail

Le Centre International de recherche agronomique pour le développement (Cirad) a organisé à Dakar du 28 au 30 avril 2019, “le premier rendez-vous de l’agriculture numérique en Afrique de l’Ouest” l’AgriNumA. Cet événement a été l’occasion de mettre en lumière les nouvelles solutions apportées aux agriculteurs africains grâce à l’intelligence artificielle et le Big Data. 

La science informatique prend le pas sur l’agronomie

Les sciences informatiques et le numérique prennent désormais une place centrale dans les métiers agricoles en Afrique. Le Cirad a organisé, du 28 au 30 avril, l’AgriNumA, un événement ayant pour but de mettre en avant les dernières innovations technologiques qui aident les agriculteurs dans leur travail. Au rendez-vous : applications, plateformes en ligne, ou nouvelles technologies. Pascal Bonnet, directeur adjoint du Cirad précise d’ailleurs qu’il y a “une révolution numérique en Afrique“.

Le projet “Pix Fruit” est l’exemple type de cette révolution numérique. Il s’agit d’une application disponible sur smartphone qui aide les exploitants de mangues à compter leurs fruits. En effet, les paysans ont pour habitude de compter manuellement leurs mangues, ou de laisser l’acheteur faire le compte. Les marges d’erreur sont énormes, et sont de l’ordre de 1 à 10. Cela signifie qu’un acheteur peut se retrouver à payer seulement deux tonnes de mangues alors que l’exploitant lui en livre 20.

Pix Fruit va permettre au paysan de compter avec précision le nombre de mangues de sa production. Pour cela, il lui suffit de prendre en photo quelques uns de ses arbres fruitiers. L’intelligence artificielle prend ensuite le relais pour modéliser dans son logiciel la surface de l’exploitation et le nombre de fruits à récolter. Lorsque le projet sera finalisé, il est prévu qu’il soit étendu à d’autres produits comme le café, les agrumes ou les litchis. Un moyen de rémunérer les agriculteurs au plus juste.

Le Big Data au service de l’humanitaire

De son côté, Awa Thiam a fondé la société Lifantou. Engagée dans l’humanitaire, la jeune ingénieure télécom de 28 ans, originaire du Sénégal, a construit une plateforme en ligne de mise en relation entre cantines scolaires et coopératives agricoles. Son objectif est de réduire la chaîne de ravitaillement entre les cantines et les agriculteurs. La jeune sénégalaise explique qu’il y a “un besoin énorme. […] aujourd’hui 25 à 50% du coût des repas va aux intermédiaires (grossistes, supermarchés…), alors que les écoles ont des budgets limités. En raccourcissant la chaîne, directement des producteurs aux consommateurs, les cantines peuvent baisser le prix des repas et proposer des menus plus variés“.

Baptisée “graine de cœur”, la plateforme s’appuie sur des bases de données (Big Data) et des systèmes cartographiques afin de lister et identifier les producteurs et les écoles sur tout le territoire sénégalais. Le projet à pour objectif ensuite de proposer les offres les plus adaptées aux besoins, afin d’optimiser le transport des denrées. Les opérations sont également contrôlées en temps réel.

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