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Les entreprises, espace privilégié d’engagement solidaire

Société Travail

L’engagement solidaire s’inscrit de plus en plus dans le cadre du milieu professionnel. Certaines entreprises, à l’instar d’EDF, du Crédit Agricole ou encore de la SNCF, proposent à leurs collaborateurs de prendre part à des activités associatives. Une pratique qui tend même à se normaliser, alors que Bercy vient d’éditer un « guide pratique » sur le sujet.

Et si l’antagonisme traditionnel, aussi bien philosophique qu’économique, entre le monde de l’entreprise et le tissu associatif avait fait long feu ? A la (dé)faveur d’une crise sanitaire qui devrait bientôt « fêter » ses deux ans, et, surtout, des confinements à répétition et autres mesures prises pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, de nombreux Français engagés dans une association avant l’apparition du Covid-19 ne souhaitent plus y retourner. Non que leur esprit de solidarité défaille complètement — du moins pas pour tous —, mais après des mois à l’isolement, chez eux, la tentation des soirées ou des activités est grande, et peut prendre le dessus sur leur engagement associatif.

Aujourd’hui, en France, 30 % des bénévoles ont plus de 65 ans, et, parmi eux, 50 % sont retraités. Si la désertion des maraudes et autres distributions de vêtements est répartie de manière assez inégale sur le territoire, une majorité de jeunes actifs, selon une enquête de l’Ifop/France Bénévolat réalisée en mai dernier, favorise donc la « redécouverte » de la vie sociale à la vie associative… A moins qu’ils n’aient évolué dans leur désir d’engagement ? D’après l’institut de sondage, les moins de 35 ans sont davantage enclins à s’impliquer dans la vie locale, par le biais de la protection de l’environnement (63 %) ou la solidarité (54 %) par exemple.

Des chiffres prometteurs, pour l’avenir du tissu associatif tricolore. D’autant plus que ces actifs peuvent désormais se tourner vers leur entreprise pour étancher leur soif d’engagement. Le phénomène, trop peu connu, n’en est d’ailleurs plus un : de plus en plus de structures proposent à leurs salariés diverses formes de solidarité (mécénat, parrainage, courses caritatives, etc.), qui ont le mérite de fédérer les équipes autour d’une cause qu’elles estiment juste — à laquelle elles prennent plaisir à répondre. Tout sauf un hasard, donc, si depuis quelques années, les « Journées solidaires d’entreprise » et autres récoltes de dons fleurissent un peu partout.

Impact social des entreprises

L’un des plus gros employeurs de l’Hexagone, EDF, de concert avec sa Fondation groupe EDF, a participé cette année au Téléthon, avec à la clé, une promesse de dons de 800 000 euros. Téléthon qui, pour rappel, a été créé il y a plus de 30 ans par l’un des salariés de l’électricien français, Bernard Barataud, qui a su fédérer ses collègues pour se lancer dans l’aventure caritative auprès de l’Association française contre les myopathies (AFM-Téléthon). À noter, également : le groupe La Poste, partenaire de l’événement depuis sa création, qui propose à ses salariés plusieurs initiatives pour récolter les dons. 

Le Crédit Agricole SA, de son côté, a choisi de permettre à ses collaborateurs de lutter contre l’exclusion sociale, alors que la crise du coronavirus a précipité des milliers de familles dans la précarité — la barre des 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté a été franchie. En proposant à l’ensemble de son personnel de s’engager dans une mission de solidarité, grâce à ses trois associations partenaires (Entourage, La cravate solidaire et le Réseau des Écoles de la deuxième chance), la banque française souhaite faire progresser l’inclusion sociale, en France, en favorisant par exemple les rencontres de proximité entre les personnes sans abris, le voisinage et certaines associations.

Et si le « mécénat de compétences » ne vous dit rien, il se pourrait bien que, d’ici quelques années, il devienne, sinon la norme, du moins une pratique habituelle en entreprise. Pour l’instant, la Fondation SNCF et la direction des ressources humaines du groupe s’y sont mises et permettent aux collaborateurs de l’entreprise ferroviaire de s’investir aux côtés d’une association… sur leur temps de travail ! Ou comment trouver du sens au travail, en apportant ses compétences professionnelles à une structure solidaire, en accompagnant des jeunes issus de milieux modestes dans leurs études, voire en aidant une personne sans emploi à s’insérer dans le monde du travail.

Raviver l’engagement citoyen

Reste à savoir si toutes ces actions permettront de donner un nouveau souffle à l’engagement bénévole. De nombreuses associations, en perte de vitesse depuis le début de la crise du covid, vont jusqu’à évoquer « une véritable crise de l’engagement ».  Et c’est d’ailleurs pour leur venir en aide que certains groupes, comme EDF, tentent de mettre en relation leurs salariés et ces structures solidaires. L’électricien tricolore, via « Human Pacte », une plateforme en ligne, propose à ses collaborateurs de contribuer à une association locale de leur choix. Autour de trois types de missions : l’éducation et le soutien scolaire ; l’insertion professionnelle et l’accompagnement des personnes isolées. La Fondation EDF propose aussi du mécénat de compétences à l’international pour soutenir des projets d’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé et au développement. « Plus que jamais, en période de crise sanitaire, la mobilisation de tous est essentielle pour construire la société de demain. Climat, solidarité, inclusion, préservation de la planète… l’engagement des salariés du groupe EDF est sans faille », se félicite Christophe Carval, DRH du groupe EDF.

Face à la démocratisation de ces pratiques en entreprise, le gouvernement adopte d’ailleurs de nombreuses mesures incitatives (réduction d’impôts, etc.), afin d’encourager les ponts entre salariés et associations. Des interactions appelées à se développer dans le futur. Bercy vient d’ailleurs de publier son « guide pratique » du mécénat de compétences, afin de booster la « collaboration innovante ». Et l’impact social des entreprises.

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