Une ancienne diplomate française devient présidente de la Géorgie.

Géopolitique

C’est une victoire large et nette. En difficulté à la suite du premier tour, l’ancienne diplomate française Salomé Zourabichvili a remporté hier soir l’élection présidentielle géorgienne. Selon les premiers résultats, madame Zourabichvili obtient 59,6 % des voix contre 40,4 % à son opposant, le candidat du Mouvement national uni, Grigol Vachadzé.

Madame Zourabichvili est descendante d’une famille géorgienne arrivée en France en 1921. L’ancienne diplomate hexagonale de 66 ans a remporté la dernière élection présidentielle au suffrage universel. La fonction, essentiellement honorifique, sera ensuite attribuée par le Parlement. Sa carrière en Géorgie débute en 2003 quand elle y est nommée ambassadrice de France. Sa vie politique géorgienne en 2004 quand elle est nommée ministre des affaires étrangères pour 18 mois par Mikheïl Saakachvili dans la continuité de la « Révolution des roses ». Elle affronte ensuite dix ans de traversée du désert avant d’être élue députée en 2016 dans la majorité menée par le milliardaire Bidzina Ivanichvili.

Se voulant farouchement indépendante, elle a cependant bénéficié du fort soutien du parti le Rêve géorgien de monsieur Ivanichvili. Elle a même fini par s’effacer à son profit sur les affiches de campagne lors des périodes creuses de la course à la présidence. Quand elle est allée voter à Tbilissi, la capitale, elle a déclaré en glissant son bulletin dans l’urne à la mi-journée : « Je fais le choix d’une Géorgie en paix, d’une Géorgie unie, d’une Géorgie souriante ». C’est un beau souhait dans cette Géorgie si divisée. La journée a été marquée par les cas de fraudes dénoncés par l’opposition. Cette dernière en a présenté 856. Un député de l’opposition, Giorgi Kandelaki, assure que « Cela a atteint des proportions jamais vues en Géorgie ». Parmi les fraudes dénoncées : des achats de voix, des votes multiples et des intimidations sur électeur.

Trois organisations spécialisées dans l’observation électorale, dont Transparency International, ont aussi dénoncé des violations du droit électorale. Elles ont souligné la présence de militant proche du pouvoir dans des bureaux de vote tout en jugeant que l’élection s’était déroulée « en conformité avec la loi ». Ces organisations précise qu’« Un camp a bénéficié d’avantages indus » insistant sur des « incertitudes légales », une pratique importante de « l’usage de la ressource administrative » et des « inquiétudes quant à des intimidations ».

« C’est une victoire à la Pyrrhus, explique ­Tornike Charachenidze, politologue à l’école de droit et de politiques de Tbilissi. Non seulement parce qu’elle a coûté cher, mais aussi parce que ce scrutin loin des standards européens va affaiblir la légitimité de la fonction présidentielle ».

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