ONG et oppositions sont vent debout contre les propositions gouvernementales pour la transition écologique.

Energie Environnement

Le discours du chef de l’Etat, qui s’est exprimé, mardi 27 novembre, depuis l’Elysée pour affirmer le cap de la transition écologique et par ailleurs tenter d’amorcer une sortie de crise au mouvement des « gilets jaunes » n’a guère satisfait au-delà de la majorité. Le président a annoncé un maximum de six fermetures de réacteurs nucléaires dans les douze prochaines années, bien moins que ce qu’attendaient les écologistes. L’annonce d’une refonte interne à EDF n’a pour l’instant pas le soutien des syndicats, la CGT en premier. La centrale annonce des journées de grève menées par sa fédération Energie et Mines

Parmi les premières réactions, celles des ONG. Audrey Pulvar qui préside la Fondation pour la nature et l’homme, créée par Hulot, dénonce un « statu quo sur l’ère du nucléaire » et affirme que le président « ouvre la porte à de nouveaux EPR ». Chez Greenpeace France, c’est Jean-François Julliard, le directeur général, qui regrette « une réponse qui n’est pas à la hauteur de l’urgence ». « La France persiste à présenter l’énergie nucléaire comme une alternative aux énergies fossiles, alors qu’elle n’est ni propre, ni peu coûteuse et ne garantit en aucun cas notre indépendance énergétique » affirme-t-il. Selon l’association, la France a choisi de décrédibiliser sa voix en matières de politique énergétique. Du côté de CLER – Réseau pour la transition énergétique, le directeur, Jean-Baptiste Lebrun regrette que « comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron recule devant la nécessité d’engager les mesures structurantes de transition énergétique pour lesquelles les solutions existent déjà et de nombreux acteurs de terrain sont mobilisés ».

Le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, est acerbe avec le discours présidentiel : « Fermeture des centrales nucléaires repoussée à la Saint-Glinglin, mensonges sur les prétendus avantages de cette énergie dangereuse, entêtement dans la catastrophe industrielle et financière de l’EPR ». Il a conclu son propos par des mots très durs : « Macron apporte la preuve de sa totale soumission au lobby nucléaire ».

Ian Brossat, le meneur de la liste du PCF aux européennes de 2019, déplore le manque d’engagement du président aux côtés des familles pauvres. L’intervention présidentielle devait également porter sur le niveau de vie des Français. Pour Ian Brossat : « il semble qu’il y ait un mot tabou dans notre pays : le mot ‘salaires’… Assez fou qu’on puisse disserter sur le pouvoir d’achat sans en dire un mot ».

Les propositions de « refonte » d’EDF ont été froidement accueillies par la CGT. Philippe Page Le Mérour, délégué syndical à EDF annonce de fortes mobilisations. « Chez tous les agents EDF, l’ADN d’un groupe intégré est fort et les projets éventuels de scission du groupe sont à même de rencontrer une hostilité ferme et résolue », explique-t-il.

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