Londres souhaite repousser le Brexit

Géopolitique

Theresa May souhaite une période de transition plus longue pour son pays dans le cadre du Brexit. Le départ du Royaume-Uni est actuellement prévu pour mars 2019. Elle voudrait gagner quelques mois de plus afin d’aboutir à un accord commercial et à une solution pour l’Irlande du Nord.

Madame May a évoqué cette idée déclarant qu’ « une nouvelle idée a émergé, et cette idée, à ce stade, est l’option de créer une période de transition de quelques mois » lors du sommet des 28 (ou des 27 +1 selon certains) mercredi 17 octobre à Bruxelles.

« Mme May joue avec le feu », a titré jeudi 18 le Sun, un journal britannique conservateur, à propos de cette idée qu’il a comparé à une reddition. Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, avait suggéré  que le Royaume-Uni puisse être encore dans l’union douanière et le marché intérieur jusqu’à fin 2021, donc un an de plus que prévu initialement.

La réunion de mercredi s’est, semble-t-il, mieux passée que la dernière en date à Salzbourg en Autriche il y a quatre semaines. Cependant, tous les observateurs en témoignent, «il n’y pas eu assez de progrès enregistrés ». Theresa May s’est lancé dans une intervention d’une quinzaine de minutes livrant sa vision de l’état des négociations avant que les 27 ne passent à table sans elle. Elle les a assuré de sa confiance. Pour le président du Parlement européen Antonio Tajani, l’ambiance a été « beaucoup plus détendue » qu’à Salzbourg, mais « je n’ai pas constaté de nouveautés majeures »

Mercredi soir, un diplomate européen déclarait « Ce n’est pas une solution en tant que telle. Il faut déjà régler les problèmes » à propos des propositions d’outre-manche. Pour l’Elysée, « C’est une option possible. Mais, à ce stade, il n’y a pas de proposition formelle des 27 et de demande formelle du Royaume Uni ».

La situation politique se tend au Royaume-Uni. Alors que le pays était déjà divisé par l’idée du Brexit, les soutiens de celui-ci se divisent également entre les partisans de madame May et ceux d’un Hard Brexit. La question irlandaise peut, selon Michel Barnier, bloquer toutes avancées. Bruxelles souhaite accorder un statut à part à l’Irlande du nord afin de maintenir une paix fragile à Belfast entre les républicains partisans de l’unité de l’île d’Irlande et les « orangistes » qui souhaitent rester dans le giron de Londres et qui refusent des avancées en direction d’une réunification. Tout le monde craint que les violences ne reprennent en Ulster après 30 ans de guerre et 3500 morts de 1969 à 1997.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *