Jean Terlon : « lutter contre le gaspillage alimentaire devient essentiel »

Alimentation

Chaque année, 10 millions de tonnes de denrées alimentaires sont jetées dans les restaurants. Afin de lutter contre ce problème, les députés ont adopté un amendement prévoyant que les restaurateurs proposent à leurs clients des contenants pour rapporter les restes des repas. 

La France et le gaspillage alimentaire : comment y remédier ?

La France n’échappe pas au gaspillage alimentaire. Depuis plusieurs années, ce sujet revient régulièrement sur la table du gouvernement. En 2016, Guillaume Garot, député socialiste, établissait une liste de suggestions pour réduire le gaspillage, parmi lesquelles, le « doggy bag ».  L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) s’engage à promouvoir ce sac qui permet de repartir d’un restaurant avec ses restes.

« C’était une pratique, il faut que cela redevienne une pratique »

Alors que le « doggy bag » est très clairement entré dans les mœurs outre-atlantique, la France y semble plus réticente. Cependant, d’après Jean Terlon, vice-président de l’UMIH, cette pratique n’est pas une totale inconnue. “C’est quelque chose que l’on redécouvre, mais qui a été pratiqué car c’était l’après-guerre, que les aliments avaient une certaine valeur et qu’on ne jetait pas n’importe quoi n’importe comment. Aujourd’hui, les aliments ont perdu cette valeur : on mange, on jette ». Tout bon professionnel sait en principe gérer son stock et ses denrées alimentaires. Cependant, il ne peut rien faire lorsque les clients “ont les yeux plus gros que le ventre et laissent la moitié de leur plat ».

Il y a eu le même concept avec le vin. Avant, cette pratique non plus n’était pas répandue. Les gens hésitaient à acheter une bouteille, parce qu’ils n’étaient pas certains de tout boire. “Aujourd’hui, très fréquemment, ils partent avec la bouteille ! Ils l’ont payée, elle leur appartient et finissent de la consommer chez eux”.

Des mentalités à changer

Une boite, on peut se permettre de mettre cinquante centimes, non ? ». C’est un moyen de parler du gaspillage alimentaire et de lutter contre. Dans les restaurants, ils ne faut pas parler de coût, même si la crise économique n’est jamais très loin. Bien que cela semble être une idée pertinente, pour que cela marche correctement, “il faut que tout le monde s’y mette et que les mentalités changent“.

Alors que Jean Terlon explique que le gaspillage alimentaire est un problème de société, mais aussi un problème économique pour les restaurateurs, le gouvernement semble enfin s’être glissé dans le sillon de la transition alimentaire.

Certains députés de la majorité souhaitent que les doggy bag deviennent obligatoires. Cet amendement a été pris dans le cadre de la loi alimentation, qui devait être votée ce mois-ci. Une loi de 2016 encourage déjà ce comportement, mais elle ne concerne qu’un nombre d’établissements limité.

Le gaspillage représente un coût monumental

Certains restaurateurs dénoncent cependant le coût d’une telle mesure et les questions qui peuvent se poser en termes d’hygiène. Selon les élus à l’origine de cette proposition, le gaspillage alimentaire dans les restaurants représenterait près de 16 milliards d’euros par an. Leur objectif : diviser ce chiffre par deux d’ici à 2025.

 

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