La transition énergétique est-elle vraiment écologique ?

Energie Environnement

Véhicules électriques, éoliennes, ampoules à basse consommation, la face cachée de l’énergie verte est encore largement méconnue du public. Pourtant, les dangers écologiques, sanitaires, et économiques pourraient se révéler encore plus grands que les risques posés par les énergies fossiles.

Les matières premières

Le monde s’est lancé avec enthousiasme dans une Révolution verte, mais avons-nous réellement mesuré l’impact d’un tel choix énergétique ? En effet, les matières premières nécessaires à la génération des “énergies propres” seraient loin d’être plus respectueuses de l’environnement que les énergies fossiles aujourd’hui utilisées.

C’est en tout cas ce qu’affirme le journaliste Guillaume Pitron  – collaborateur du Monde Diplomatique – dans son dernier ouvrage intitulé « La guerre des métaux rares, la face cachée de la transition énergétique et numérique ». Il y affirme que les métaux rares sont indispensables à cette transition énergétique et numérique, mais que l’industrie minière qui les extrait est aussi une des plus polluantes de la planète.

C’est notamment le cas du lithium, élément central de cette transition énergétique et numérique, qui implique une pénurie locale en eau, la pollution des sols, l’utilisation de produits chimiques et radioactifs et, en conséquence, des dégâts environnementaux, sociaux et sanitaires. Mais on pourrait également parler du cobalt, du dysprosium ou du germanium, sans compter l’énergie nécessaire au transport de ces matières premières.

Dépendance à la Chine et inégalités accrues

Cependant, au-delà de l’aspect écologique, cette transition présente également un risque économique et social certain. Tout d’abord, comme le souligne Guillaume Pitron, il s’agit d’un changement qui, à terme risque de creuser encore plus les inégalités entre des centres-villes riches, qui profiteront d’un environnement dépollué, et des zones rurales « plus miséreuses et éloignées des regards » qui souffriront des conséquences sanitaires de cette transition.

Toutefois, Ce n’est pas le seul problème que pose la dépendance à ces “métaux sales” que nous sommes en train de créer. En effet, ce serait notre souveraineté énergétique que nous serions en train de perdre au profit de la Chine, qui détient un quasi-monopole sur les terres rares. Notre dépendance au marché chinois pourrait donc avoir des conséquences géopolitiques désastreuses qu’il est temps de prendre en considération.

Quelles solutions ?

Tout d’abord, il est important de réaliser que les ressources, notamment en lithium, sont limitées et difficilement recyclables, ce qui ne fait qu’accentuer les potentielles conséquences néfastes qui peuvent résulter de leur utilisation.

Il est donc nécessaire de dépasser les vues à court terme qui se concentrent sur des aspects économiques peu durables (secteur porteur, création d’emploi, etc.) et de chercher des solutions concrètes à long-terme. Comme le montre un rapport de la Banque mondiale, les institutions internationales commencent à se pencher sur le problème, mais l’implication des pouvoirs publics reste encore trop limitée.

Selon Guillaume Pitron, pour sortir de cette impasse, nous devons absolument aborder la possibilité de « rouvrir des mines en France, un pays qui a des ressources exceptionnelles dans ce domaine », idée à laquelle Emmanuel Macron ne serait pas hostile.

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