Nouveaux défis alimentaires : concilier qualité, écologie, santé et augmentation de la demande.

Alimentation Santé

Malbouffe, surproduction, pollution des sols, obésité, cancers, le modèle productiviste agricole supposé satisfaire la demande alimentaire croissante fait peser un poids toujours plus grand sur la production agricole, souvent au détriment de l’environnement et de la santé. Il est donc urgent de réinventer des modes de consommation et de production plus durables.

La viande, accusé principal des défenseurs la transition alimentaire

Quand on parle de transition alimentaire, c’est avant tout à la viande que l’on pense. En effet, accusée depuis quelques années de bien des maux, y compris d’avoir une ample responsabilité dans la hausse des émissions de gaz à effet de serre, notre consommation de viande a explosé au 20ème siècle, entraînant des problèmes sanitaires, écologiques, mais aussi économiques (pour les éleveurs).

Dans ce contexte, la majorité des études préconisent une réduction de la consommation de viande ainsi que le développement de l’alimentation végétale (voire une alimentation presque uniquement végétale pour certains). De plus, il ne s’agit pas là de résoudre uniquement une question écologique, mais également de penser à la manière dont il sera possible de nourrir l’ensemble de la planète à l’avenir, alors que la population mondiale ne cesse d’augmenter. En effet, il faut de l’eau et des céréales en très grande quantité pour élever du bétail, et l’apport énergétique du produit final est bien moindre que ce qui pourrait être tiré de l’exploitation de ces terres pour nourrir directement la population.

Vers une alimentation végétale ?

Alors, nous dirigeons-nous vers un modèle alimentaire essentiellement végétal, et cela suffira-t-il ? Il faut tout d’abord constater que, comme le souligne une étude de Terra Nova, la consommation de viande a commencé à chuter en France depuis les années 2000.

Toutefois, cette solution serait loin d’être suffisante, sans compter l’impact sur nos traditions culinaires. En effet, selon un dossier de l’INRA, les chiffres communément cités – comme le fait que l’élevage émettrait plus de CO2  que les transports ou que 70 % des terres agricoles serviraient à l’élevage – proviennent de « généralisations abusives » et d’une méconnaissance des mécanismes en jeu. De ce fait, sans nier l’intérêt d’une consommation modérée de viande, les auteurs mettent l’accent sur une vision plus globale de l’alimentation et de l’agriculture, d’autant plus que le bétail est essentiel à une bonne santé des sols.

Les contours d’une transition alimentaire complète

Sans simplification, il faut donc repenser l’intégralité du paradigme alimentaire selon « quatre défis d’une politique agroalimentaire ambitieuse : renforcer les campagnes, protéger l’environnement, améliorer la qualité de l’offre et mieux gérer le rapport alimentation-santé ».

En plus du régime tourné vers une alimentation plus végétale que nous avons cité, Christian Rémésy, nutritionniste et directeur de recherche à l’INRA, mentionne la nécessité de développer une agriculture réellement biologique, contrôlant de manière bien plus stricte l’utilisation des pesticides et favorisant les circuits courts, ce qui permettra le renforcement d’un secteur agricole aujourd’hui sous perfusion.

L’éducation à la santé alimentaire et à la nutrition préventive (ou gestion de la santé par l’alimentation) sont également d’une importance capitale pour que les consommateurs cessent d’être les « victime(s) des mauvaises pratiques du secteur agroalimentaire et du laxisme des pouvoirs publics » et puissent accompagner, voire accélérer, cette transition alimentaire essentielle.

 

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