Démographie : le grand défi du 21ème siècle ?

Géopolitique

L’ONU a revu ses chiffres à la hausse et estime que la population mondiale pourrait atteindre jusqu’à 10 milliards d’individus en 2050, selon les prévisions les plus pessimistes. Les conséquences de cette croissance pourraient potentiellement être désastreuses, mais au-delà des évidences, quels défis nous attendent, et est-il possible de les éviter ?

La démographie, un sujet tabou mais essentiel.

Selon Sid Perkins, journaliste scientifique, lorsqu’on parle d’écologie, le premier facteur à prendre en compte devrait certainement être le taux de natalité. En effet, selon les études qu’il mentionne, la baisse de la natalité aurait un impact environ 70 dix fois plus élevé que le régime végétal aujourd’hui tant à la mode. Selon une autre comparaison, le choix de faire un enfant de moins dans une famille aurait le même impact environnemental que 700 adolescents commençant dès aujourd’hui à recycler tout ce qu’ils peuvent, et ce jusqu’à la fin de leur vie.

Alors, pourquoi parle-t-on si peu de démographie ? De nombreux facteurs rendent ce sujet particulièrement tabou de nos jours, en partie parce qu’il touche aux traditions, à la famille, à la religion, etc. Mais il concerne également l’économie. Qu’il s’agisse des pays pauvres, qui ont eu historiquement besoin de cette vague de natalité pour initier leur chemin vers un plus grands développement, ou des pays développés vieillissant qui ne pourraient guère maintenir leurs systèmes de retraite et de santé si la natalité s’effondrait, le problème est sans aucun doute mondial.

Les défis de la croissance démographique

Dans ce contexte, il est peu probable que la question de la démographie soit directement traitée, et il est donc essentiel de répondre individuellement à chacun des défis qu’elle pose.

La première inquiétude qui vient à l’esprit lorsqu’on aborde la croissance exponentielle de la population concerne l’alimentation. « Pourra-t-on toujours nourrir la planète ? » questionne le journal les Echos. Comme c’est souvent le cas quand on parle de projections, les avis divergent, mais les études s’accordent généralement sur un point : tout dépend de l’utilisation que nous ferons des ressources car la planète est aujourd’hui capable d’alimenter jusqu’à 12 milliards de personnes (chiffre qui pourrait être atteint en 2100) si les systèmes de production et de transport sont optimisés et le gaspillage réduit au minimum.

Mais c’est loin d’être le seul souci posé par la croissance galopante de la démographie. Eau, énergie, urbanisation incontrôlée, incapable de répondre aux besoins de transport, de logement, de santé, d’éducation de sa population, sont autant de questions auxquelles il faudra répondre dans les années à venir (pour une vue globale des prévisions liées à la démographie, consultez le site worldpopulationhistory.org)

Et tout cela sans compter le bouleversement de l’économie mondiale et de l’équilibre géopolitique en raison de l’exploitation des ressources liées aux transitions écologiques et énergétiques.

Peut-on agir sur la croissance démographique ?

En plus des tabous que soulèvent une telle question, est-il, en pratique, possible d’influer la courbe démographique ?

La réponse à cette question est un « non » catégorique selon une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA et menée sous la direction de deux professeurs d’écologie de l’université d’Adélaïde, en Australie.

En effet, selon toutes les projections des chercheurs australiens, quel que soit le scénario – y compris en cas de troisième guerre mondiale, de pandémie, de catastrophe naturelle ou de politique de contrôle des naissances – il est « déjà trop tard pour ce siècle ».

Nous n’aurions alors d’autre choix que de nous concentrer, pour le moment, sur les conséquences directes de la croissance démographique, mais que ce passera-t-il après 2100 ?

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