Des jeunes filles discutant gaiement.

Education à la sexualité : l’école doit mieux faire (rapport)

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Un rapport de l’Inspection générale de l’Education révélé par Mediapart mardi pointe les manquements de l’école au niveau de l’éducation à la sexualité. Seulement trois cours en moyenne sont dispensés aux élèves au lieu de 21 sur l’ensemble de la scolarité. Une faille que compte réparer le ministre Pap N’Diaye en faisant appliquer strictement la loi.

Les jeunes se tournent vers la pornographie

Le site d’informations Mediapart a publié, le mardi 20 septembre 2022, un rapport de l’Inspection générale de l’Education sur l’éducation à la sexualité. Remis en juillet 2021 au ministre de l’Education de l’époque Jean-Michel Blanquer, mais n’a jamais rendu public, ce document critique sévèrement l’école française. Il révèle qu’à peine 15 % des élèves bénéficient de trois séances d’éducation à la sexualité pendant l’année scolaire au lycée (20% au collège), alors que ces trois séances sont inscrites la loi. Autrement dit, les écoliers ont seulement droit à 2,7 séances d’éducation à la vie sexuelle et affective sur les 21 séances prévues au cours de leur scolarité.

Pourtant, les leçons d’éducation à la vie sexuelle sont très importantes pour les élèves. Elles doivent leur permettre de lutter contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) et d’être informés sur la contraception afin de réduire notamment le nombre de grossesses précoces. Elles doivent aussi aider à mettre fin à la discriminations, aux violences sexuelles et sexistes, aux stéréotypes ainsi qu’à l’inégalité entre homme et femme. Privés de ces cours, les adolescents n’ont plus d’autres choix que de se tourner vers la pornographie. Ce qui s’avère dangereux car ils assimilent mal le contenu. Ainsi, on se retrouve par exemple avec des garçons qui ont une image irrespectueuse de la femme.

Impliquer les parents et encourager les recherches sur le sujet

Pour rectifier le tir, l’Inspection générale de l’Education avance plusieurs propositions. D’abord, elle demande d’intégrer aux programmes de certaines disciplines l’éducation à la sexualité avec trois séances annuelles dans les emplois du temps. En second lieu, les inspecteurs conseils de former le personnel éducatif pour faciliter cet enseignement souvent délicat. En outre, ils recommandent d’intégrer des associations spécialisées comme le Planning familial pour aider les professeurs. Par ailleurs, ils appellent à maintenir l’éducation à la sexualité, à mieux la structurer, à l’améliorer et à lui donner une véritable place au sein du ministère de l’Education nationale.

Cela pourrait se faire en concertation avec les ministères de la Santé, de l’Egalité entre les filles et les garçons et de la Protection de l’enfance.Enfin, le rapport conseille de prévoir une information systématique des parents par les équipes de direction lors de la rentrée scolaire, ainsi que d’encourager les recherches sur l’éducation à la sexualité et ses enjeux contemporains. Pour sa part, le ministre de l’Education, Pap Ndiaye a affirmé sa volonté de remettre le sujet sur la table. La semaine dernière, il avait déjà donné le ton sur France Info. Il a déclaré que « la loi de 2001 nous enjoint de façon très claire de parler d’éducation à la sexualité » et de « respecter la loi ».

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