avion a hydrogene

Avion à hydrogène : bonne idée ou non ?

Environnement Mobilité

Il s’agit tout simplement de l’élément le plus présent sur la planète : l’hydrogène. Ce dernier pourrait avoir une utilité future plutôt surprenante : servir d’alimentation aux avions de ligne sans émissions de dioxyde de carbone d’ici quinze ans. C’est en tout cas la promesse du groupe Airbus tandis que le milieu de l’aviation fait face à une crise sans égal depuis la crise du Coronavirus. Les derniers mois, les appels à une relance écologique et verte se sont multipliés. Or, il faut prendre en compte que l’hydrogène est plutôt gourmand niveau énergie et encombrant par rapport au stockage. Est-ce par conséquent une promesse fiable ?

En tout cas, le groupe Airbus a fait la première page des journaux en faisant l’annonce il y quelques mois d’un projet d’avion zéro émission, qui sera finalisé d’ici 2035. La présentation de trois « concept planes » a eu lieu, avec le plus attrayant de ces derniers qui n’est autre qu’une « aile volante ». La spécificité de ces derniers ? L’alimentation à l’hydrogène évidemment. Le directeur de l’ingénierie de la société Airbus a affirmé que le type d’hydrogène dont se sert l’entreprise doit être vert. Dans le cas contraire, il y aurait une perte dans la conception d’hydrogène émettant du dioxyde de carbone par rapport au gain effectué dans l’avion. Au final, cela serait trompeur.

Des chiffres abyssaux !

La manière la plus propre de concevoir de l’hydrogène se fait grâce à l’électrolyse de l’eau. Cette méthode permet la séparation des atomes d’hydrogène et d’oxygène dans une molécule d’eau. Afin que l’hydrogène soit catégorisé comme écologique et vert, l’électricité dont se sert la technique doit venir de sources renouvelables.

Plusieurs experts ont effectué des calculs permettant d’évaluer la quantité d’électricité qu’il faut pour l’aéroport de Roissy. Il s’agit tout de même du plus grand du pays. Un astrophysicien affirme que les chiffres sont stupéfiants. En effet, il faudrait avoir recours à près de 5 000 km² d’éoliennes, correspond ainsi à la superficie d’un département entier en France. Changé en panneaux photovoltaïques, cela correspond à environ 1 000 km² de panneaux photovoltaïques. Si on prend la décision de se servir de l’énergie nucléaire à la place, l’utilisation de seize réacteurs nucléaires serait nécessaire par rapport à l’alimentation de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

2035 : une date trop tardive pour l’avion à hydrogène ?

Si on se fit aux dires des écologistes, les avions à hydrogène sont une illusion du marché de l’aviation afin de ne pas diminuer le plus rapidement possible le trafic aérien. Pour ces derniers, 2035 est une date beaucoup trop lointaine pour un premier avion commercial à hydrogène. Il serait nécessaire d’ajouter beaucoup d’années dans le but que des flottes entières et des infrastructures aéroportuaires internationales puissent s’adapter.

Ces derniers mois, des militants se sont servis de moyens conséquents, se rendant dans les tarmacs des aéroports de la planète entière pour faire la demande d’une baisse conséquente du trafic aérien. Récemment, dans le célèbre aéroport d’Orly situé au sud de Paris, des manifestants ont sauté les clôtures de l’aéroport mais ont été vite stoppés par les forces de l’ordre.

Il faut repenser l’utilisation de l’avion

De plus en plus de personnes ne prennent plus l’avion par souci écologique. Par exemple, la porte-parole de l’association Alternatiba n’a pas pris d’avion depuis près de sept ans. Pour elle, c’est un sacrifice obligatoire afin de protéger la planète. Pour le moment, l’avion écologique n’est pas à l’ordre du jour. Cela est même le cas pour les années à venir. Aucun avion vert ne permettrait de poursuivre sur la trajectoire actuelle de hausse du trafic aérien. Or, aujourd’hui, c’est bel et bien l’utilisation de l’avion qu’il faut repenser de façon simultanée à la réorganisation de la société moderne afin que le souci écologique soit mis au centre des enjeux.

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