Immobilier : une bonne résilience du marché face à la crise post-Covid

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Lourdement impactées par la crise du coronavirus, les entreprises du secteur de l’immobilier pourraient voir leur chiffre d’affaires s’effondrer de 28 % à 43 % en 2020. Une chute due en grande partie à la diminution du volume d’activité, puisque la baisse des prix pratiqués ne s’établirait qu’entre 7 % et 8 %. Si le secteur public a été le plus atteint, les projets privés s’en sortent nettement mieux, notamment dans les grandes métropoles françaises.

Un secteur public français très atteint

Plus que des annulations de travaux, c’est d’une chute vertigineuse de leur chiffre d’affaires dont sont victimes les entreprises du bâtiment. Celles œuvrant dans les travaux publics sont à ce titre particulièrement touchées, car elles ont subi de nombreux retards dus au décalage de trois mois des élections municipales, avec une mise en place des intercommunalités mi-juillet. Alors que le secteur des travaux publics dépend à plus de 70% des commandes publiques et que les appels d’offre ont diminué de 50%, l’activité sur les prochains mois est plus qu’incertaine.

La crise n’a cependant pas frappé tout le continent avec la même vigueur : en Allemagne par exemple, de nombreux travaux d’infrastructures – tels que la rénovation du réseau routier et du réseau ferré, peu utilisés pendant le confinement –  ont pu être réalisés, les budgets ayant été votés. Ce niveau d’activité plus important qu’en France a donc entrainé un impact minime sur la filière. Les entreprises de l’Hexagone pourraient néanmoins sortir de l’ornière grâce au plan de relance de l’Etat, dont la rénovation énergétique est une mesure phare : 4 à 5 milliards d’euros seront affectés au secteur du bâtiment.

Immobilier : un bon redémarrage du secteur privé  

De nombreux chantiers ont repris depuis la fin du confinement, et la métropole lyonnaise est à ce titre une remarquable vitrine : l’écoquartier de la Confluence – ainsi labellisé par le WWF – va entrer dans une nouvelle phase d’aménagement – intitulée « Le Champ » – qui verra la reconversion des dernières friches de l’ancien Marché Gare et qui vise l’excellence environnementale. Ce quartier, repaire de la French Tech, abritera également l’immeuble « Lumen », dédié aux entreprise de la filière Lumière du campus numérique de la région ; ainsi que l’école de design « Strate ».

La Part-Dieu continue quant à elle à pousser à la verticale : la tour To Lyon – 170 mètres de haut et 66 000 m² – surplombera le deuxième quartier d’affaires de France d’ici fin 2023. Vinci et Européquipements, copromoteurs, avaient annoncé il y a 3 ans un investissement de 500 millions d’euros dans cette tour, récemment passée dans le giron de la mutuelle Apicil. La Part-Dieu bénéficiera aussi prochainement d’un ensemble bureaux-logements dans un environnement végétalisé avec un îlot de 24 000 m² « MyLyon » , dont les travaux devraient débuter en 2021 pour une livraison courant 2025. Le promoteur prévoit également la construction d’une tour de 215 mètres, ce qui en ferait la plus haute de la ville.

WO2, Européquipements… le rebond du secteur en Île-de-France

La région parisienne n’est pas en reste et profite de la reprise : à l’ouest de Paris, le promoteur WO2 et BNP Paribas Real Estate ont enfin réuni les 650 millions d’euros nécessaires à la réalisation du projet immobilier bas carbone, « Arboretum », situé à Nanterre (Hauts-de-Seine) et lancé il y a plus de 4 ans. Les travaux de ce projet de 126 000 m² situé à Nanterre vont démarrer dès cet été pour une livraison fin 2022. Selon Guillaume Poitrinal, cofondateur du groupe Woodeum (WO2), « ce programme de 126 000 est le plus important projet de promotion lancé en blanc depuis Cœur Défense’ en 1997 ».

A l’est de Paris, Ivanhoé Cambridge a acquis à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) un campus tertiaire de près de 50000 m²  (dont 7000 m² de services) conçu par ECDM et développé par Européquipements et Quartus. Européquipements, qui développe près de 300 000 m² de bureaux, a dû faire face – comme la quasi-totalité du secteur – à des contraintes conjoncturelles telles que la crise du Covid ou encore les grèves plus tôt dans l’année. Selon son fondateur Olivier Pelat – qui a récemment livré un complexe immobilier de 31000 m² baptisé Floresco à Saint-Mandé -, le statut d’entreprise familiale non cotée en bourse d’Européquipements permet à la société d’être « plus astucieuse, plus judicieuse, et plus réactive » dans cette période troublée. Les travaux du Val-de-Fontenay, confiés à Eiffage Construction, ont démarré en juin pour une livraison en 2022.

 

 

 

 

 

 

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