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Travail : les jeunes accordent moins d’importance au salaire

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Alors que la génération Z (la génération Z représente les personnes nées en 1997 ou après) commence à faire ses premiers pas sur le marché du travail, une étude menée par l’institut de sondage OpinionWay indique que ces jeunes générations accorderaient nettement moins d’importance au salaire que les précédentes. En effet, pour 95 % des étudiants interrogés, la quête de sens dans le travail est importante, voire prioritaire. 

Une prise de conscience de la part des futurs travailleurs

Il y a 90 ans, en 1930, Keynes prévoyait que les avancées technologiques allaient permettre de réduire radicalement le temps de travail. Il estimait que les machines amélioreraient les conditions de travail et feraient ainsi baisser le temps de travail hebdomadaire à 15 heures par semaine. Pourtant, même si l’industrialisation et la robotisation ont bien eu lieu dans nos sociétés, le temps de travail, lui, n’a baissé dans les proportions attendues. Un paradoxe sur lequel plusieurs économiste et anthropologues se sont penchés au cours de dernières années. Parmi eux, David Graeber, un anthropologue et militant anarchiste américain, étudia ce décalage dans le monde du travail et arriva à la conclusion que la société avait créé des “Bullshit job“, ou “jobs à la con” en français. Le terme est apparu en 2013 lors de la publication de sa théorie et avait déjà été très médiatisé à l’époque. Lors de la parution de son livre “Bullshit jobs” en 2018, le terme est revenu à la mode et semble avoir profondément touché les aspirations de la Génération Z sur le monde du travail…

David Graeber explique sa théorie en expliquant que “la technologie a été manipulée pour trouver des moyens de nous faire travailler plus“. Pour lui, cette manipulation s’est traduite par la création d’emplois qui ne sont pas nécessaires. Il décrit une aliénation de la société et notamment des travailleurs de bureau qui effectuent des tâches inutiles, vides de sens et superficielles pour la société. À ce sujet, Graeber insiste en ajoutant que “c’est comme si quelqu’un inventait tout un tas d’emplois inutiles pour continuer à nous faire travailler“.

Suite à ces théories, des chercheurs et autres spécialistes des pathologies liées au monde du travail ont en effet mis à jour des corrélations entre les bullshit jobs cités par David Graeber et certains malaises au travail. Les scientifiques sont arrivés à la conclusion que beaucoup de travailleurs souffraient de “brown-out”, qui signifie littéralement une “baisse de courant”. Ce manque d’énergie et de volonté au travail étaient présents chez tous les salariés qui ne comprenaient pas (ou plus) les objectifs de leur emploi.

Travail : une génération Z face à son futur

Selon l’enquête menée par OpinionWay pour le salon des entrepreneurs, 95 % des étudiants jugent la quête de sens importante (40 %), sinon prioritaire (55 %). Par “avoir du sens” l’étude précise que 49 % des jeunes interrogés entendent avant tout trouver un épanouissement personnel dans leur travail. S’ensuit alors le fait d’apprendre des nouvelles choses et relever de nouveaux défis. Enfin, les étudiants prennent également en comptent la protection de l’environnement, la lutte contre la pauvreté ou les services rendus à la société comme des moyens de “donner du sens” à leur futur travail.

L’étude va même plus loin, en indiquant que 57 % des étudiants seraient prêts à accepter un travail qui paye mal mais qui, à leurs yeux, aurait du sens. Un résultat dans la continuité de la théorie de David Graeber, qui estime que, plus un travail est utile à la société, moins il est payé.

Cependant, les étudiants, bien que porteurs de grandes ambitions, se rappellent à la réalité du monde du travail. Entre le taux de chômage élevé et les emplois instables, 88 % des sondés seraient prêts à mettre leurs principes de côté pour obtenir le métier de leur rêve.

Finalement, nombreux sont ceux qui jugent que seul l’individu peut donner du sens à ce qu’il fait. En effet, la moitié des étudiants juge que les entreprises seront incapables de fournir un sens à leur métier. Ainsi, en réponse à cette cassure entre les étudiants et le monde du travail actuel, 74 % d’entre eux déclarent avoir l’intention de se mettre à leur compte ou de créer leur propre entreprise…

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