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Brexit : le débat inattendu sur la pêche fait surface au cœur des négociations

Géopolitique Une

Quelques semaines après le Brexit, les négociations visant à définir les nouvelles relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni s’engagent dans un climat tendu. Les deux camps ont affiché des positions très fermes et aucun ne semble prêt à céder. Le commerce est évidemment au centre du débat, mais la pêche à proximité des eaux anglaises s’est également immiscée dans les discussions.

On va s’étriper pas mal

Jean-Yves Le Drian, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères s’est exprimé au sujet des négociations post-Brexit. Il prévoit des négociations tendues, avec de nombreux points à défendre pour chaque parti. Le Ministre des Affaires étrangères cite notamment “les questions commerciales ou le dispositif de relations futures“, où il pense que les deux camps vont “s’étriper pas mal“. Il ajoute tout de même qu’il s’agit d’une situation attendue, où “chacun va défendre ses intérêts“, expliquant que cela “faisait partie de la négociation“.

Du côté de Boris Johnson, figure déjà iconique du Brexit anglais, il montre une position très conservatrice, visant à protéger les intérêts de son pays au détriment des accords européens. Il explique d’ailleurs qu’il n’y a “pas besoin d’un accord de libre-échange qui implique d’accepter les règles de l’UE en termes de concurrence, de subventions, de protection sociale, d’environnement ou autre“. Au niveau de l’Union Européenne, Michel Barnier, en charge des négociations, espère mettre en place un accord sur “des règles de jeu communes“, afin d’éviter que le Royaume-Uni ne devienne un concurrent déloyal.

Les deux camps vont se livrer à un jeu de négociation qui devrait durer au moins jusqu’au 31 décembre 2020, date à laquelle se terminera la “période de transition” mise en place par les deux camps, période de temps durant laquelle le Royaume-Uni continue d’appliquer les règles européennes. Un temps qui semble courir en faveur de Boris Johnson et de son parti, qui refuse de prolonger cette période de transition.

L’accord sur la pêche, un détail vital aux deux camps

Bien que la pêche ne représente que 0,1 % du PIB du Royaume-Uni, contre 30 % pour les services financiers, ce sujet est devenu une plaque tournante des négociations. Au-delà de l’aspect financier, les territoires de pêche représentent un bon moyen pour le Royaume-Uni d’imposer son indépendance et sa suprématie territoriale vis-à-vis de l’Europe. Dans son discours, Boris Johnson a expliqué être prêt à “envisager un accord sur la pêche” mais il veut s’assurer que “les zones de pêche britanniques soient avant tout destinées aux bateaux britanniques“. Il justifie cette décision en rappelant que son pays est “un État côtier indépendant” qui contrôle “ses propres eaux“.

Une position à l’opposé de l’Union Européenne et de la France, où chacune des personnes engagée sur le dossier s’est montrée inflexible vis-à-vis d’un potentiel accord sur les zones de pêche. Pour Jean-Yves Le Drian, l’État français ne “transigerait pas” sur la question de la pêche, en rappelant que les Britanniques écoulaient “plus de 70 % de leur pêche” en Europe. Même son de cloche pour l’Union Européenne et son négociateur, Michel Barnier, qui estime que “l’accord sur la pêche sera partie intégrante et non dissociable de l’accord de commerce“.

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