La démographie en Chine : une bombe à retardement ?

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Selon les statistiques officielles, un cinquième de la population mondiale vit en Chine. Ce pourcentage n’étant guère appelé à évoluer, une incroyable pression démographique s’exercera sur le modèle politique et social chinois et partant mondial. Une certaine partie de l’Afrique, devrait également connait un boom démographique.

1,6 milliard d’habitants en 2040 en Chine

En mai 1968, l’entomologiste Paul Ehrlich publie « The Population Bomb », dans lequel il défend un antinatalisme radical pour éviter une apocalypse alimentaire. Cette même année, le taux de croissance de la population mondiale atteignait un sommet, avant de connaître une lente décrue. Si plusieurs décennies ont passé depuis cet ouvrage à sensation, la « bombe P » est toujours omniprésente. Elle est incarnée en premier lieu par la Chine, qui possède aujourd’hui un cinquième de la population mondiale. D’après des estimations récentes, la population chinoise devrait atteindre 1,6 milliard d’habitants en 2040, contre 1,2 milliard en 1995. Elle devrait ensuite retomber en dessous de 1,4 milliard aux environs de 2100. Ce sont là des fluctuations importantes qui toucheront 20 % de la population mondiale et qui soulèveront de graves problèmes sur les plans de l’alimentation, de l’emploi, de l’urbanisation et du vieillissement de la population.

Une pression sur la production alimentaire

Il faudra par exemple que la production de céréales augmente de plusieurs millions de tonnes par an pour répondre à l’accroissement de la population d’ici à cinq ans. Il faudra surtout améliorer les techniques de production, sous peine d’essouffler les principaux fournisseurs que sont les États-Unis et l’Australie. Les populations pauvres du monde entier, notamment celles des zones urbaines, devront alors faire face à une hausse des prix des denrées alimentaires.

La Chine devrait néanmoins enregistrer un vieillissement de sa population et une chute brutale du taux de fécondité d’ici à 2025. Déjà à Pékin, on ne comptait plus que 1,4 à 1,5 naissance par femme au début des années 2000. A Shanghai, ce chiffre est tombé à 0,96 naissance par femme. Ce qui signifie qu’un nombre croissant de femmes n’ont plus du tout d’enfants. Aussi, d’ici à 2020, l’excédent de jeunes hommes entre 20 et 30 ans sera supérieur à toute la population féminine de Taiwan. Cela est dû au fait que la société chinoise exerce de fortes pressions sur les familles pour qu’elles s’assurent que leur futur enfant sera bien un garçon.

Faut-il espérer un « hiver démographique » ?

La bombe humaine sera également nourrit par l’Afrique où la population augmente à un rythme exponentiel. Mais dans 93 pays, les dernières générations sont moins nombreuses que celles qui les ont engendrées, observe Le Monde diplomatique dans un numéro intitulé « La bombe humaine » publié le 10 octobre 2019. A titre d’exemple, l’Europe centrale et orientale a perdu 24 millions d’habitants depuis la chute du mur de Berlin. Peut-on pour autant espérer que l’Humanité se rapprochera un jour d’un « hiver démographique » ? Pas si sûr. Des pays émergents comme l’Inde et le Pakistan vont contrebalancer la tendance. Il faut donc s’attendre à ce que la faim tenaille encore de trop nombreux ventres et que les  crises autour des ressources humaines s’accentuent, dont celle autour de l’eau.

 

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