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De nouvelles voix pour le climat

Environnement

La démission de Nicolas Hulot en aout avait fait sauter le mince verni vert du gouvernement d’Edouard Philippe. En revanche, ses propos sur l’éventuelle incompatibilité entre croissance économique et sauvegarde de la planète ont eu au moins l’avantage d’imposer le débat à des formations politiques qui ne se souciaient que peu du sujet à l’image des Républicains.

Du côté de la majorité, on prend conscience de la délicate situation dans laquelle on se trouve quand on parle d’écologie. Le départ d’Hulot et les nombreuses contradictions de la fiscalité sur le carburant fragilisent le discours des Marcheurs et les empêchent de tenir un cap cohérent crédible en matière d’écologie. A la suite de la proposition de Laurent Berger, CFDT, le gouvernement pourrait être tenté de se lancer dans des Etats généraux de l’écologie, alliant dans un même échange de nombreux partenaires sociaux afin d’aboutir à un « pacte social de la conversion écologique ».

A Matignon si l’on est prêt à soutenir l’initiative, on émet tout de même quelques réserves sur la forme que pourrait prendre l’évènement. Un proche d’Edouard Phillipe confie : « Nous devons absolument entendre ce que nous disent les Gilets jaunes. Mais leur colère ne peut pas être uniquement gérée et leurs problèmes résolus par des mesures imaginées seulement par un dialogue classique à Paris entre le gouvernement et les organisations syndicales et patronales ». Toujours à Matignon, on analyse le mouvement en cours des gilets jaunes : « Cette colère se singularise par une fracture sociale et territoriale très forte. Nous voulons donc non seulement qu’au sein des acteurs de ce dialogue figurent les acteurs locaux, mais que les solutions qui seraient décidées soient le plus adaptées à chaque type de territoire. Les mesures à mettre en œuvre ne peuvent pas être les mêmes dans les grandes villes, les zones périurbaines et les territoires ruraux ».

Chez les Républicains, on s’est longtemps cantonné à une écologie d’aménagement du territoire. Mais ce temps est révolu pour Laurent Wauquiez qui déclarait dimanche dernier devant des militants de Sens Commun : « Nous avons besoin d’inventer ensemble ce qu’est une écologie de droite parce que nous avons abandonné le terrain de l’écologie à une pensée de gauche, souvent extrémiste ». Il n’est pas le seul dans son parti à se soucier d’écologie. Damien Abad, interrogé sur l’interdiction des véhicules diesels de plus de 20 ans, confie sa vision de l’écologie de droite : « je ne pense pas que ce soit par des décisions unilatérales prises à un endroit du territoire que l’on parviendra à sortir du diesel, des particules fines. Pour la droite, l’écologie aussi est importante, mais elle ne peut pas se faire dans l’injustice sociale, fiscale, et sur le dos des classes moyennes ».

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