L’emballage, une industrie respectueuse de la planète ?

Environnement Une

Le 26 mai dernier, Citeo organisait une table ronde sur le thème « Comment l’économie circulaire des emballages peut-elle contribuer à préserver la biodiversité ? », animée par David Ascher,  directeur de la publication Actu-Environnement, entouré d’intervenants experts dans ce domaine : Philippe Bolo, Député de Maine-et-Loire, auteur du rapport parlementaire « Pollution plastique : une bombe à retardement », Jean Hornain, Directeur général de Citeo, société agréée en charge de la responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les filières emballages ménagers et papiers graphiques, Christian Hosy, Coordinateur du réseau biodiversité de France Nature Environnement et Patricia Ricard, Présidente de l’Institut océanographique Paul Ricard et membre du comité de mission de Citeo. Focus sur les temps forts de cette rencontre.

Citeo, entreprise à mission depuis fin 2020 : un spectre de missions élargi

En tant qu’entreprise à mission, Citeo va désormais au-delà de son agrément d’Etat en donnant du sens à ses actions en explorant de nouveaux champs d’intervention : réemploi, biodiversité, prévention contre les déchets abandonnés, éducation à l’environnement et modes de consommation au service de la performance environnementale. Ainsi, l’entreprise s’engage et adapte ses modes de production, de distribution et de consommation à la préservation de la planète dans toutes ses dimensions, à savoir le climat, les ressources et la biodiversité, sujet majeur pour elle. Les entreprises font partie de la solution comme dans le domaine du recyclage et Citeo est convaincu qu’elles ont la capacité d’innovation, d’action et d’adaptation.

Un rapport choc « Pollution plastique : une bombe à retardement ?»

Le rapport réalisé par Philippe Bolo et Angèle Préville, après l’audition de 459 acteurs et spécialistes du sujet, remet en cause un certain nombre d’idées reçues par rapport à la pollution plastique. Ainsi, les images de tortues, de baleines prisonnières de filets. Le rapport met en évidence que 344 espèces seraient concernées, qu’1,4 million d’oiseaux et 14 000 mammifères sont retrouvés morts chaque année victimes de l’ingestion de macro plastiques. Des exemples qui démontrent l’impact évident sur la biodiversité. Sans compter les déchets plastiques abandonnés dans la nature (fuites) qui perturbent les écosystèmes en se désagrégeant (macro/micro/nano plastiques).

Tous les emballages sont-ils mauvais et à proscrire ?

Tous ne sont pas concernés, certains emballages offrent des fonctions vertueuses comme la conservation des aliments qui évite le gaspillage alimentaire, portant également atteinte à la biodiversité.

En fonction des usages et des typologies d’emballages, il est important de conserver le recours à certaines résines de plastique. Il peut en effet s’agir d’un produit essentiel. Il permet de limiter un recours massif au bois et donc ne pas abîmer les forêts ou limiter l’impact du transport d’un pays à l’autre. Le plastique peut être très vertueux, encore faut-il lui donner la capacité de l’être en faisant émerger des filières de recyclage, tout en réduisant l’utilisation de plastiques vierges.

Du recyclage au biomimétisme, un panel de solutions

Le recyclage n’est pas une solution unique, tout produit n’étant pas recyclable. Il est donc indispensable d’agir également en amont sur l’écoconception par l’utilisation de matières renouvelables, la réduction à la source de la masse de l’emballage -notamment sur celui à usage unique qui a une vie très courte et qu’il faut supprimer au maximum- le réemploi ainsi que la substitution. A ce titre, Citeo a lancé une trentaine d’expérimentations dans l’objectif de soutenir des solutions de réemploi.

Une nouvelle approche voit le jour : le biomimétisme qui consiste à s’inspirer des solutions de sélection naturelle adoptées par l’évolution, pour en transposer les principes et les processus en matière d’ingénierie humaine. C’est l’exemple du train japonais à haute vitesse qui reprend la forme du martin pécheur et ne provoque aucune ride sur l’eau. Dans sa conception, le nez est profilé, il devient ainsi plus silencieux, plus rapide, plus stable et consomme moins d’énergie. Rappelons qu’un écosystème est un échange de fluides, de matières et d’informations et l’économie circulaire consiste à optimiser nos échanges et revaloriser les déchets, le déchet de l’un devenant la ressource de l’autre. Ainsi, les solutions du vivant peuvent nourrir les réflexions sur l’éco-conception des emballages et des papiers.

Une conscience environnementale qui progresse

Suite à une étude réalisée par Citeo, force est de constater que malgré la crise sanitaire, les Français attachent de plus en plus d’importance aux solutions en faveur de l’environnement, incitant les entreprises à faire évoluer l’éco-conception de leurs emballages. Aussi, celles-ci réagissent, investissent en R&D sur la recyclabilité, le réemploi et le déchet abandonné demandant à Citeo de les aider à trouver 100% de solutions.

En parallèle, France Nature Environnement a mis en en place le dispositif « S’engager pour la nature » permettant aux entreprises d’agir en faveur de la biodiversité au regard de leurs moyens, de leurs enjeux, et la possibilité pour chaque acteur de la filière d’agir à son niveau.

Dans ce contexte, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer soit par des obligations soit par des interdictions destinées à résoudre les problèmes liés aux plastiques. Ainsi, le mariage de la puissance publique qui fixe un cadre, conjugué à l’énergie et à l’innovation des entreprises sont des atouts très intéressants pour les années à venir.

L’emballage, un sujet mondial

La France a mis en place un système de collecte et de tri de ses déchets, de recyclage via la Responsabilité Elargie des Producteurs (REP). Tout un arsenal qui a permis d’instaurer durablement le geste de tri et l’économie circulaire depuis près de trente ans. Aujourd’hui le sujet des plastiques, et plus largement de l’économie circulaire, est une priorité internationale pour préserver l’environnement et les ressources planétaires en instaurant un modèle ne reposant pas uniquement sur le recyclage, mais également la réduction et le réemploi des matériaux. Dans cette perspective, de nombreux pays réfléchissent aujourd’hui à la mise en œuvre d’une REP.

Des attentes fortes

Citeo, étant au cœur de cet écosystème, doit avoir un rôle d’entraînement et une responsabilité sur les différents acteurs de la filière Emballage et Papier avec notamment l’appui des différentes associations pour l’environnement, l’enjeu étant d’arriver à la mobilisation de chacun. Face aux urgences environnementales, il faut agir pour assurer l’avenir.

 

Sylvie Journaux

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