Hydrogène : le manufacturé sur la voie du naturel

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A ce jour, l’essentiel de l’hydrogène que nous consommons est produit en usine à partir de ressources fossiles. A cause de la pollution générée par sa fabrication, les industriels ont de plus en plus recours à des solutions décarbonées pour le rendre propre. On parle ainsi d’hydrogène vert, une copie de l’hydrogène naturel.

Plus de 95% de l’hydrogène consommé aujourd’hui est produit à partir des énergies fossiles comme le gaz naturel et le charbon. Mais, cet hydrogène gris pose un problème pour l’environnement. Sa fabrication génère énormément de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. On parle de 10 kilogrammes de CO2 libéré pour 1 kilogramme d’hydrogène produit ! En France, la production d’hydrogène gris génère 3% des émissions nationales de CO2 et 26% des émissions de l’industrie.

Face à cette importante pollution, les industriels ont développé des solutions décarbonées pour produire de l’hydrogène propre. L’une des pistes les plus prometteuses est de recourir à l’électrolyse de l’eau. Cette technique consiste à faire passer de l’électricité dans l’eau pour dissocier les molécules d’oxygène (O2) et celles d’hydrogène (H2). Si l’électricité utilisée est renouvelable (éolienne, solaire ou hydro-électrique), l’hydrogène obtenu est dit « vert ». S’il s’agit d’électricité nucléaire, on le qualifie de « jaune ». Au jeu des couleurs, c’est le vert qui a pris l’ascendant, fort de ses qualités. Il a ainsi fait l’objet de plusieurs plans par les gouvernements en 2020. L’Allemagne, par exemple, a annoncé en juin dernier 9 milliards d’euros pour devenir le numéro Un de cette ressource. De son côté, la France a évoqué un financement de 7 milliards d’euros.

Des alternatives propres à l’hydrogène gris

S’il est prometteur, l’hydrogène vert souffre encore de quelques obstacles. Il a des rendements inférieurs à celui du gris et des coûts deux à quatre fois supérieurs (un kilogramme d’hydrogène gris coûte entre 1,5 et 2,5 euros). De plus, de nombreuses organisations de défense de l’environnement pointent du doigt la destruction de forêts pour l’installation de panneaux solaire et l’utilisation d’énormes quantités d’eau pour l’électrolyse. Un gaspillage inacceptable à l’heure de la rationalisation des ressources naturelles. Pour lever ces obstacles, certains acteurs se penchent actuellement sur une production directement dans la mer.

L’hydrogène naturel plus vertueux que le vert

Mais, il y a une alternative sous nos pieds : l’hydrogène naturel. Il existe d’immenses réservoirs de ce gaz dans une dizaine de pays, dont la Russie, les Etats Unis, le Canada, le Brésil et le Mali. Dans ce dernier Etat, la production a débuté en 2012 avec la compagnie Hydroma. Celle-ci transforme l’hydrogène naturel en électricité propre grâce à une installation pilote près du village de Bourakébougou. Selon son PDG et fondateur Aliou Boubacar Diallo, cette production n’émet aucun CO2 : elle ne produit que de l’eau.

Comme il est abondant et renouvelable, l’hydrogène naturel se positionne comme le candidat idéal pour la transition écologique. Par ailleurs, sa production ne coûte « presque rien », si l’on en croit Aliou Diallo qui a financé son projet avec des fonds propres. L’argument financier des grands groupes tombent-ils donc à l’eau ? Cela reste à vérifier, mais ce que l’on sait c’est que la technologie est disponible. Tout ne serait donc que question de volonté politique.

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