Des éoliennes en mer au Royaume Uni.

Éolien en mer : l’Europe veut installer 300 GW d’ici 2050

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La Commission européenne a présenté la semaine dernière la stratégie de l’UE sur les énergies renouvelables en mer. Celle-ci propose de porter la capacité de production éolienne offshore de l’Europe de 12 GW actuellement à 300 GW d’ici à 2050.

Pour contribuer à atteindre l’objectif de neutralité climatique de l’UE à l’horizon 2050, la Commission européenne a publié, jeudi 19 novembre, sa stratégie sur les énergies renouvelables en mer. Celle-ci propose de porter la capacité de production éolienne en mer de l’Europe de 12 GW actuellement à au moins 60 GW d’ici à 2030 et à 300 GW d’ici à 2050. Sur la même période, la Commission entend compléter cette capacité avec l’installation de 40 GW d’énergies marines moins matures, telles que l’éolien et le solaire flottants ou l’énergie thermique des mers.

Elle table sur 800 milliards d’euros d’investissements pour atteindre ces objectifs à 2050, dont deux tiers pour financer les infrastructures de réseau et un tiers pour la production d’électricité en mer. Ces fonds proviendront essentiellement du secteur industriel. Mais Bruxelles rappelle qu’il a déjà prévu un budget de 672,5 milliards pour le plan de relance économique, dont 37% iront dans la transition énergétique. La Commission mise aussi sur une plus forte coopération entre États membres, ainsi que sur une mutualisation des moyens pour réduire les coûts.

Près de la moitié de l’énergie éolienne offshore du monde produit en Europe

Le potentiel éolien offshore de l’Europe est énorme avec notamment la mer du Nord, la mer Baltique, l’océan Atlantique ainsi que la Méditerranée, où le gisement pourra être exploité principalement avec les technologies flottantes. Quant à la mer Noire, elle recèle un bon potentiel naturel pour l’éolien en mer (posé et flottant), souligne la Commission. Toutes ces zones affichent des potentiels localisés pour développer l’énergie houlomotrice et/ou marémotrice. Avec des entreprises et laboratoires actuellement en pointe dans ces domaines, l’UE produit logiquement 42% de toute l’énergie éolienne offshore du monde, devant le Royaume-Uni et la Chine.

Dans le cadre de ses projets éoliens offshores, Bruxelles demande à chaque pays membre de cartographier les espaces maritimes où le développement de l’offshore s’avère compatible avec les zones de pêche, les zones d’entraînement militaire, la marine marchande, le tourisme et l’aquaculture. La Mer du Nord, la Mer Baltique, la Méditerranée, l’Atlantique, ou la Mer Noire pourraient ainsi accueillir près de 5.000 éoliennes supplémentaires au cours de cette décennie. A travers sa stratégie, l’UE vise à long terme une meilleure planification des énergies marines. Celles-ci pourraient couvrir jusqu’à 3 % des eaux européennes, une proportion qui reste en accord avec la politique de l’Union sur la biodiversité.

Les pays sans côtes maritimes également associés aux projets

En outre, la Commission propose de créer en 2021 une communauté d’experts représentant les pouvoirs publics, les parties prenantes et la communauté scientifique afin d’analyser, d’évaluer et de surveiller les incidences environnementales, sociales et économiques des énergies marines. Par ailleurs, elle prévoit des projets hybrides, des « hubs », combinant production d’électricité et transport dans un cadre transfrontalier.

Enfin, la Commission ne compte pas exclure de ces développements les pays qui ne disposent pas de côtes maritimes. « L’activité industrielle qui sous-tend l’énergie en mer, y compris la construction de tours et de fondations, les fournisseurs de câbles et les exploitants de navires, est répartie sur tout le territoire de l’UE. Par exemple, les composants d’éoliennes sont fabriqués en Autriche, en Tchéquie et dans des régions intérieures d’Espagne, de France, d’Allemagne et de Pologne », précise-t-elle.

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