Gaz à effet de serre : l’ONU s’alarme du record de concentrations en 2018

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Dans son bulletin annuel sur le réchauffement climatique, publié ce lundi, l’ONU s’alarme des nouveaux records de concentration des principaux gaz à effet de serre en 2018. Il s’agit du méthane(CH4), du protoxyde d’azote (N2O) et surtout du dioxyde de carbone (CO2) qui a atteint un nouveau pic l’année dernière, avec 407,8 parties par million (ppm), soit 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750.

« Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution »

Ce lundi, l’Organisation des Nations Unies (ONU) lance encore un  cri d’alarme sur le réchauffement, à travers des chiffres inquiétants. Elle note que les principaux gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018. Pis, « Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’Accord de Paris sur le climat », a regretté le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas, à l’occasion de la publication du bulletin annuel sur les concentrations de gaz à effet de serre (GES).

Notons que ce rapport rend compte non pas des quantités de GES libérées dans l’atmosphère mais de celles qui y restent, sachant que les océans absorbent environ le quart des émissions totales, tout comme la biosphère, dont font partie les forêts.

Le protoxyde d’azote fait une percée inquiétante

Ce pic de records vient en premier lieu des emissions de dioxyde de carbone (CO2), qui est associé aux activités humaines et constitue le principal gaz à effet de serre persistant dans l’atmosphère. Il a atteint un niveau de concentration en 2018, à 407,8 parties par million (ppm), soit 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750. Les concentrations de méthane (CH4), qui figure au deuxième rang des plus importants gaz à effet de serre persistants, et de protoxyde d’azote (N2O) ont également augmenté plus fortement que la moyenne annuelle de la dernière décennie.

« La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années »

De nouveaux résultats publiés dans la revue Nature climate change, le 18 novembre dernier, indiquent que le protoxyde d’azote s’accumule dans l’atmosphère à un rythme inquiétant. En cause, l’utilisation de plus en plus importante d’engrais et de fertilisants synthétiques, qui représentent 40% de ses émissions. Ce gaz participe grandement à la destruction de la couche d’ozone stratosphérique, qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs émis par le soleil. Quant au méthane, ses émissions proviennent à 60% de l’élevage de bétail, de la riziculture, de l’exploitation des combustibles fossiles et des décharges.

« Il convient de rappeler que la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années : la température était de 2 à 3°C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel » a souligné M. Taalas.

Un rapport publié à une semaine de la COP25 à Madrid

Face à l’urgence climatique, il a appelé lundi les pays à traduire leurs « engagements en actes et revoir à la hausse (leurs) ambitions dans l’intérêt de l’humanité ». Plusieurs Etats avaient pris l’engagement à Paris, en 2015, d’appliquer des plans de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, mais les émissions mondiales ne cessent d’augmenter.

Ce cri d’alarme intervient à quelques jours de la réunion annuelle de l’ONU sur la lutte contre le changement climatique, la COP25, qui se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid.

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