Entreprise : travailler autrement pour une meilleure qualité de vie

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Fruit de la transformation de notre société, la sphère professionnelle évolue elle aussi pour améliorer le bien-être et donc le rendement des employés. Open-space, flex-office, télétravail, travail déporté… Les entreprises démontrent un intérêt croissant pour les différentes solutions qui s’offrent à elles.

Dans un monde du travail de plus en plus compétitif, la condition des salariés est devenue une préoccupation majeure pour les employeurs. Conscientes des nombreux risques inhérents à la quête de rendement (maladies professionnelles, stress, burn-outs, harcèlements, etc.), les entreprises accentuent leurs efforts pour favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Et pour cause : 39 % des salariés français estiment ne pas avoir trouvé le bon équilibre, d’après une étude menée auprès de plus de 2 500 travailleurs. Selon une autre enquête, la proportion d’insatisfaits s’élèverait même à deux-tiers, seuls 12 % des employés se déclarant satisfaits ou très satisfaits de leur équilibre entre vie pro et vie perso. Malgré des degrés de perception différents, une immense majorité de Français (93 %) s’accorde sur l’importance de ce sujet, tandis que 75 % d’entre eux estiment préférable de séparer le travail de leur vie privée. Avec la part dominante prise par la connexion aux écrans dans notre quotidien, cette distinction apparaît comme de plus en plus difficile à maintenir. En témoigne le droit à la déconnexion instauré par la Loi travail du 8 août 2016. Mais le monde de l’entreprise semble avoir pris conscience de l’importance du bien-être de leurs employés au travail, comme en dehors. Une enquête menée par Monster révèle qu’une majorité de salariés privilégie d’ailleurs ce facteur au niveau de rémunération. C’est pourquoi de plus en plus de sociétés expérimentent des dispositifs innovants, censés apporter un meilleur équilibre pro/perso.

C’est d’abord dans l’espace de travail que s’est tramée la plus grande évolution afin de renforcer les rapports humains au sein de l’entreprise. Symbole de cette tendance à plus de souplesse et d’horizontalité dans l’environnement professionnel, l’open-space est même devenu une mode qui concernerait aujourd’hui 34 % des actifs. D’abord plébiscité par les startups, cet espace de travail ouvert et partagé a également été adopté par les grands groupes comme Microsoft, Renault, Véolia, EDF ou Sodexo. Au siège social de La Redoute, seuls 90 bureaux cloisonnés auraient été conservés pour un total de 2 400 personnes. Chez Coca Cola, employés et cadres travaillent tous en open-space, à l’exception des services ressources humaines, juridique, finance ainsi que des membres du comité de direction. Si cette solution montre actuellement quelques signes d’essoufflement, d’autres semblent prêtes à la remplacer, à l’image du flex-office. Phénomène relativement récent, le bureau flexible consiste à ne pas avoir de poste de travail attitré. Chaque matin, les employés peuvent donc installer leurs affaires sur n’importe quelle place vacante. Une manière d’optimiser les locaux, qui pâtissent d’un taux de vacance permanente estimé à 40 % en raison des congés, RTT, arrêts maladie, formations et autres déplacements, mais aussi de rompre avec la routine. Et cela fonctionne bien puisque le flex-office a déjà séduit plusieurs grandes sociétés comme Adidas, Bouygues Télécom ou encore BNP-Paribas.

Télétravail, travail sur site distant : ces nouvelles formes de travail ont la cote !

Pour améliorer l’équilibre de vie des salariés, les employeurs s’attachent également à agir sur le lieu de travail. Encore rare il y a quelques années, le télétravail commence à s’imposer dans la culture d’entreprise française. Selon une étude menée en février 2019, 53 % des actifs déclarent travailler partiellement en dehors des locaux de leur entreprise, et 29 % pratiquent régulièrement le télétravail, soit à domicile, soit dans un tiers-lieu (cafés, espaces de coworking, incubateurs, fablabs, etc.). Dans 70 % des cas, les télétravailleurs exercent dans un cadre juridique strictement défini par leur employeur. Synonyme de gain de temps sur les déplacements domicile-bureau et donc d’impact moindre sur l’environnement, le télétravail constituerait une solution satisfaisante pour 80 % de ceux qui le pratique, d’après l’étude. Les entreprises y trouveraient aussi leur compte avec une réduction moyenne de 5,5 jours par an de la durée des arrêts maladie.

Parmi les variantes du télétravail, le travail sur site distant présente également un fort potentiel pour les sociétés. Possible dans les groupes possédant plusieurs bureaux ou locaux, cette solution propose aux salariés de travailler régulièrement dans le site le plus proche de leur domicile. Depuis 2018, EDF a, par exemple, mis en place à titre expérimental un programme de travail à distance (« Welcome ») sur huit sites EDF d’Île-de-France. Un à deux jours par semaine, les salariés éligibles (plus de 2h30 de trajets quotidiens domicile-travail) réduisent leur temps de trajet professionnel d’1h20 en moyenne, tout en bénéficiant de l’accès au réseau interne, aux infrastructures et aux services de leur propre entreprise. Pour le Groupe, qui dispose de plus de 2 000 sites à travers la France, ce dispositif améliore le quotidien de ses employés et permet de réduire les risques d’accidents. La direction d’EDF y voit aussi la possibilité de renforcer le lien social entre collaborateurs de branches et de filiales différentes. Un dispositif qui a vocation à être étendu en 2019. Comme quoi, trouver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ne relève pas de l’impossible…

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