Paris, smart city de demain ?

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Au XIXe siècle, la Ville Lumière était un exemple d’architecture et d’aménagement urbain : éclairage public, boulevards haussmanniens, gestion des eaux usées… Jusqu’en 1914, la capitale innove sans cesse et inspire les autres métropoles mondiales. Un rôle à l’avant-garde qu’elle va perdre à partir des années 30, puis 50. Alors que les nouvelles technologies bouleversent les villes, l’habitat, les transports, l’énergie, Paris peut-elle redevenir un exemple pour les autres centres urbains ?

Dans un classement annuel établi par la Banque HSBC, sur les 100 premières villes intelligentes de la planète, Paris se classe à la 19e position. Une bonne place ? Pas forcément, surtout quand on connaît les ambitions et le potentiel de la capitale. Sur des critères aussi variés que le développement durable, la fluidité de la circulation et le développement des nouvelles technologies, Paris est supplantée par Singapour, Stockholm ou encore Amsterdam.

Pourtant, rendre les villes plus connectées et plus intelligentes pour maximiser chaque déplacement, minimiser le gaspillage ou encore optimiser la consommation énergétique est un impératif social et écologique, le mouvement d’urbanisation devant s’accélérer dans les années à venir. La population urbaine devrait en effet atteindre les 5,2 milliards d’ici 2030 et même 6,7 milliards en 2050. Les 500 plus grandes villes de la planète devraient en outre contribuer à plus de 75 % de la croissance mondiale d’ici 2025. Autant de défis auxquels seules les villes les plus adaptées pourront répondre. C’est en s’appuyant sur les technologies de l’information et la communication qu’elles pourront devenir plus agréables, plus accessibles et garantir à chaque citoyen la possibilité d’accéder aux études, au travail, à la culture et aux loisirs tout en limitant la pollution.

En ce qui concerne Paris, une profonde transformation des modes de transports et de circulation est incontournable : c’est d’ailleurs le thème sur lequel la capitale française est le plus mal notée dans le classement HSBC.

La RATP prépare les réseaux de demain

La capitale n’obtient que 3,3 points sur 10 pour la circulation et 5,8 points pour les transports publics. « Si la ville dispose d’une offre importante, le problème vient du manque de satisfaction des usagers », explique James Pomeroy, un des auteurs du rapport HSBC.

Paris serait-elle condamnée ? Pas nécessairement, si l’on en croit les annonces récentes de la RATP. Alors qu’elle transporte 16 millions de personnes par jour dans 14 pays répartis sur quatre continents, la société publique veut « être un leader mondial de la mobilité urbaine durable et connectée et s’imposer comme le partenaire privilégié des villes intelligentes ». L’entreprise mise sur les innovations énergétiques, l’intelligence artificielle et la valorisation des données pour répondre aux nombreux défis qui s’annoncent : digitalisation des services, flexibilisation des solutions de transport, montée en puissance de la mobilité partagée… Sur toutes ces questions, la RATP se veut un « bâtisseur de la ville intelligente et durable » de demain.

Pour continuer de rayonner dans le monde, Paris peut également compter sur nombre d’initiatives privées, à l’instar de l’écoquartier EuropaCity, qui devrait attirer 31 millions de visiteurs par an.

EuropaCity, un écoquartier parisien

Dans le cadre de l’aménagement du Grand Paris, un nouveau quartier doit émerger en 2024 à quelques minutes en métro de la capitale : c’est Europacity. Un projet porté par l’entreprise française Ceetrus, qui prévoit l’installation de 80 hectares d’infrastructures touristiques, commerciales et culturelles. Installé dans le Val-d’Oise, entre les aéroports du Bourget de Roissy, Europacity devrait comprendre des dizaines de boutiques, un musée, des espaces verts, des salles de concert, des hôtels et des restaurants. Le tout en misant sur les nouvelles technologies pour les transports, réduire le gaspillage et surtout optimiser la consommation énergétique. Le projet se présente en effet comme un « écosystème urbain exemplaire de la transition écologique » et prévoit la mise en place d’une multitude de dispositifs pour en faire une ville « verte » : panneaux solaires, géothermie, toits végétalisés, production et consommation d’une ferme urbaine en circuits courts…

Un « 21ème arrondissement parisien » qui doit être finalisé en 2024 et qui prévoit de mettre à profit les dernières innovations en matière de « big data ». C’est le principe de la smart-city : récolter et centraliser des données sur la consommation, les émissions de gaz à effet de serre, les déplacements, les modes de vie, afin d’administrer de manière coordonnée, efficace et écologique l’ensemble du tissu urbain. Dans le cas d’Europacity, les nouvelles technologies permettront de gérer de façon optimale les millions de visiteurs attendus, de faciliter leur circulation ou de favoriser l’intégration économique et sociale des communes alentour à la dynamique de ce nouveau quartier.

Paris sera-t-elle la « Ville Lumière » des prochaines décennies ? L’affaire paraît mal engagée, tant certaines capitales asiatiques ou européennes semblent avoir déjà un temps d’avance. Mais en modernisant radicalement les transports, son point faible, et en développant des écoquartiers connectés, la métropole parisienne pourrait rattraper son retard et devenir un modèle d’aménagement urbain. Un défi à la hauteur des enjeux.

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