IBM : une batterie sans métaux lourds grâce à l’eau de mer

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Une équipe de chercheurs d’IBM Research a annoncé dans un communiqué travailler sur une nouvelle batterie dépourvue de métaux lourds. Conçue uniquement avec des matériaux issus de l’eau de mer, elle serait préférable aux batteries lithium-ion actuelles, pour des raisons environnementales et humanitaires, voire même énergétique.

80 % de charge en cinq minutes

IBM, le géant américain de l’informatique, a annoncé mercredi 18 décembre travailler sur un nouveau type de batterie à partir de matériaux issus de l’eau de mer. Cet accumulateur se passerait donc du nickel et du cobalt, dont l’extraction est désormais très controversée car ne respectant ni la planète, ni les mineurs. En plus d’être plus écologique, cette batterie serait, selon les premiers tests effectués, dotée d’une plus grande densité énergétique, d’une charge plus rapide (cinq minutes pour atteindre 80 % de charge). Elle pourrait ainsi révolutionner les voitures électriques. Cette batterie serait aussi moins inflammable que les équivalentes classiques en lithium-ion. IBM a en effet combiné sa nouvelle cathode avec de l’électrolyte, ce qui a permet de supprimer les dendrites de lithium, éléments hautement présents dans les batteries classiques et à l’origine des combustions.

Trois matériaux issus de l’eau de mer, non encore précisés

Elle serait en outre très compacte, avec une densité d’énergie (la capacité de stockage) de plus de 800 Wh/L et une densité de puissance (la capacité de fournir une puissance élevée) qui dépasse 10.000 W/L. Une performance qui permet d’alimenter des appareils gourmands avec une batterie plus petite. Enfin, son efficacité énergétique dépasse les 90 %, ce qui signifie qu’elle restitue l’énergie emmagasinée avec très peu de perte. Comme elle est produite uniquement avec trois matériaux issus de l’eau (que le géant américain de l’informatique ne précise pas), cette nouvelle batterie devrait être moins chère sur le marché.

Pour passer de la recherche au développement, IBM s’associera à la division R&D de Mercedes-Benz Amérique du Nord, au fournisseur d’électrolyte Central Glass et au fabricant de batteries Sidus. Grâce à ces partenariats, IBM espère créer prochainement « un nouvel écosystème pour le développement de batteries nouvelle génération » et démarrer la production de masse.

Cinq géants de la tech devant la justice américaine

L’annonce IBM intervient trois jours après une plainte déposée contre cinq géants de la tech, accusés d’avoir encouragé l’exploitation d’enfants lors de l’extraction du cobalt en Afrique. Le 15 décembre, l’organisation Human Rights Advocates a porté plainte contre Apple, Google, Dell, Microsoft et Tesla au nom de 14 familles de la République démocratique du Congo (RDC). Les entreprises sont accusées d’avoir volontairement ignoré l’exploitation d’enfants, forcés de travailler dans les mines.

Depuis trois ans, Amnesty International dénonce aussi, sans répit, le travail des enfants dans les mines d’extraction de cobalt en RDC, un pays en proie à la corruption et surtout aux conflits armés.

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