Natixis veut verdir ses financements

Natixis : un bonus-malus climat appliqué aux crédits pour décarboner son bilan

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Natixis, la banque de financement du groupe BPCE, a décidé d’apporter sa contribution à la transition vers un monde décarboné. Pour cela, elle met en place le Green Weighting Factor, un système de bonus-malus sur les financements plus ou moins verts qu’elle accorde.

Voulue par la Commission européenne dans son plan d’action pour le climat en 2018, la notation verte des activités bancaires est devenue une réalité chez Natixis. La banque de financement du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne) a décidé d’apporter sa contribution à la transition vers un monde décarboné. C’est pourquoi, elle met en place un système de bonus-malus sur les financements plus ou moins verts qu’elle accorde. Ce mécanisme appelé le Green Weighting Factor (facteur de pondération verte) module la rentabilité de chaque financement en fonction de son impact sur le climat. Et plus largement sur l’environnement (environnementaux (eau, pollution, déchets, biodiversité).

Un bonus de 50% sur les prêts les plus verts et un malus de 24% sur les plus bruns

Depuis le 16 septembre, cette grille a été étendue à l’intégralité du bilan de l’activité « grande clientèle » de la banque, soit 127 milliards d’euros. Pour noter chaque financement, Natixis a dû créer sa propre méthodologie sectorielle, une échelle à sept niveaux du brun au vert foncé. «Nous avons sept notes, trois vertes, une neutre et trois brunes. En nominal, les financements déjà notés sont verts à 43%, neutres à 19% et bruns à 38%. Lorsqu’on applique une pondération par le risque, le poids des crédits bruns passe à 50%, et les verts et neutres à 25% chacun », a détaillé le directeur général de Natixis, François Riahi, lors d’une table ronde au Climate Finance Day, vendredi 29 novembre. « Nous appliquons en effet un bonus de 50% sur les actifs pondérés du risque [RWA] des prêts les plus verts, et un malus de 24% sur les plus bruns», ajoute le dirigeant.

A ce stade, un quart des crédits sont des financements dédiés (projets, immobilier, avions), et le reste accordé à des entreprises non financières. «Nous avons déjà noté les plus grosses lignes, dans tous les secteurs d’activité. Pour les 30% restants, le travail sera terminé fin 2020», indique François Riahi. Chaque type d’actif ou d’emprunteur fait l’objet de critères spécifiques.

Natixis compte partager son outil avec d’autres établissements courant 2020

La méthodologie employée par Natixis a servi à élaborer secteur par secteur 46 arbres de décision pour déterminer la couleur d’un financement dédié. La grille d’analyse étant essentiellement climatique,  le nucléaire est noté neutre, du fait de l’évitement des émissions de CO2, tandis que le gaz se situe entre le brun et le gris neutre. Pour une ligne de chemin de fer par exemple, Natixis veut savoir si elle traverse une zone protégée, si elle est utilisée pour du fret ou du transport de personnes ou encore quelle énergie (fossile ou non) propulse la motrice.

Natixis souhaite pour l’instant accompagner ses clients dans leur transition climatique, en leur communiquant leur note. Elle pourrait aussi facturer plus cher les futurs crédits bruns. Cette initiative est une première mondiale selon la banque, qui compte partager son outil, fruit de 18 mois de travail, avec d’autres établissements courant 2020.

 

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