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Santé et sécurité au travail : où en est le secteur de l’énergie ?

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Obligation légale pour l’employeur, la prévention des risques professionnels n’est souvent abordée dans les médias que lors d’accidents dramatiques. La santé et la sécurité des travailleurs sont pourtant essentielles au bon fonctionnement des entreprises, notamment dans les métiers exposés. Tour d’horizon des bonnes pratiques en la matière dans le secteur de l’énergie. 

Chaque année en France, pas un employé de bureau ou presque ne coupe au traditionnel exercice d’évacuation. Corvée pour les uns, cet événement est au contraire un gage de sérénité pour les autres. Il est surtout incontournable, comme la plupart des mesures de santé et de sécurité au travail, qui ne dépendent pas seulement du niveau d’exigence de chaque entreprise. En milieu professionnel, la prévention des risques est en effet régie selon un ensemble de principes inscrits dans le Code du travail. Face aux accidents, affections physiques (ex : troubles musculosquelettiques ou TMS) ou psychosociales (dépression, burn-out, crises d’angoisse) qui pèsent sur le capital humain et financier d’une société, les employeurs ont pour obligation de veiller aux bonnes conditions de travail ainsi qu’au bien-être des employés. Pour ce faire, ils leur reviennent, entre autres devoirs, d’évaluer les risques, de les combattre à la source, de supprimer tout danger, d’adapter l’environnement de travail et les tâches à chaque employé, de protéger le personnel et de le former aux mesures de sécurité. Évaluation, prévention, formation… L’éventail d’obligations des entreprises est donc large et concerne toute structure publique ou privée employant des salariés, y compris les stagiaires. En cas de non-respect d’une des nombreuses règles en vigueur constaté, notamment sur l’aménagement du lieu de travail, l’employeur s’expose à une amende pouvant aller jusqu’à 3 750 euros par infraction, ainsi qu’une peine d’emprisonnement dans les cas d’accident ou de maladie professionnelle grave.

Prévention des risques : le secteur de l’énergie particulièrement concerné

Dans certains secteurs comme le bâtiment, le transport ou l’industrie, la prévention des risques prend plus de sens qu’ailleurs. C’est également le cas de l’énergie, où l’exploitation de matières potentiellement dangereuses (éléments naturels, combustibles, électricité, etc.) implique des efforts accrus en termes de santé et de sécurité. Premier énergéticien de France, EDF se veut également une référence en la matière. Son projet d’entreprise CAP 2030 en a fait une priorité afin d’éradiquer les accidents et de préserver la santé de tous ses salariés ainsi que ses prestataires. Fin 2019, 36 % de ses salariés étaient couverts par une certification spécifique (OHSAS 18001 ou MASE). En 2018, le Groupe a adopté une nouvelle politique santé sécurité constituée d’un engagement signé par tous les membres du COMEX et dotée d’une feuille de route. La démarche porte le nom de « vigilance partagée ». Le Groupe s’est aussi fixé pour objectif d’éradiquer les accidents mortels mais aussi de réduire significativement le nombre global d’accidents : abaisser le taux de fréquence des accidents de travail à moins de 1,4 en 2020, contre 2,0 en 2018 (2,1 en 2017) et un taux global intégrant les salariés prestataires inférieur à 1,8 en 2020 contre 2,9 en 2018 (2,8 en 2017). Il souhaite réduire l’absentéisme pour raisons de santé et de sécurité à moins de 8 jours par salarié et par an, contre 9,1 en 2018. EDF a aussi intégré les enjeux de « santé » dans ses plans d’action : « La bonne santé physique et mentale permet un équilibre tant familial que professionnel, explique Jean-Claude Baudens, directeur Santé Sécurité et Performance au travail. Il contribue à l’épanouissement et à la performance. C’est pourquoi les enjeux de santé prennent une place de plus en plus importante dans les plans d’action. Les troubles anxio-dépressifs et les troubles musculo-squelettiques représentent près de 50% des causes de l’absentéisme maladie. Bien les identifier, et en particulier ceux en lien avec le travail, permet de les prévenir ou de les traiter. » Pour Christophe Carval, Directeur Exécutif en charge de la DRH Groupe, « La santé des salariés est le bien le plus précieux du groupe EDF. Notre priorité absolue est donc de la protéger et, en premier lieu d’éradiquer les accidents mortels. Notre ambition : poursuivre le développement d’une culture de prévention à tous les niveaux de l’organisation. »

Réduire le nombre d’accidents

L’autre géant français de l’énergie Engie a instauré une démarche collective baptisée « No life at risk » (« Aucune vie en danger ») valable pour tous ses salariés et personnels sous-traitants en France et dans le monde. Cette politique, initiée en 2010 et étendue à l’ensemble du groupe en 2014, repose sur quatre piliers principaux : les 9 règles qui sauvent, le point d’arrêt (ou le devoir de dire « stop »), l’identification des HIPO (High Potential ou événement ayant pu conduire à un danger grave) et la vigilance partagée. Une stratégie qui commence à porter ses fruits, puisque le taux de fréquence des accidents est passé de 3,6 à 3,3 entre 2016 et 2017. Même vision du côté de Total, où la stratégie de prévention déployée a permis de diminuer de manière continue le nombre d’accidents déclarés par million d’heures travaillées (TRIR) et de ceux ayant entraîné un arrêt maladie ces 10 dernières années, selon le site du groupe. Fort de son leitmotiv « zéro accident mortel », Patrick Pouyanné, son PDG, en a fait une priorité interne, comme auprès des parties prenantes. « Notre capacité à opérer partout dans le monde, de manière sûre et fiable, est le socle de notre excellence opérationnelle et de notre performance économique », assure-t-il. En matière de transport routier, la campagne de sensibilisation #SafeDriver (« conducteur prudent ») a par exemple vu le jour fin 2016 afin de limiter les risques sur les 700 millions de km de route parcourus par les collaborateurs de Total chaque année. Cette action ainsi que celles menées par le passé ont permis de réduire de plus de 50 % le taux d’accidents graves entre 2013 et 2017.

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