Macron et la transition énergétique

Economie Environnement

Dans quelques jours le gouvernement d’Edouard Philippe devra présenter sa feuille de route en matière de politique énergétique. Pour ce faire et pour oublier le départ de Nicolas Hulot, le président a accueilli mercredi 24 octobre certaines des plus grandes entreprises françaises pour parler énergie suscitant la colère des associations de défense de l’environnement.

Il s’agit pour l’exécutif de définir la politique énergétique de la France des dix prochaines années et ce n’est pas une mince affaire. C’est la PPE ou programmation pluriannuelle de l’énergie qui est la feuille de route en cours de « finalisation ». Hier une séance de travail a rassemblé monsieur Macron et de nombreux responsables de grandes entreprises de l’énergie afin de « mobiliser les entreprises et les organismes de recherche autour de ce que seront les fondamentaux qui guident les arbitrages autour de la PPE »

Si Total, EDF ou Vinci se trouvaient à cette réunion, aucune ONG environnementale n’a été invitée. Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement a déclaré : « C’est déplorable qu’aucune association n’ait été invitée. Manifestement, il y a un malentendu sur la façon dont Emmanuel Macron définit la société civile ». Selon Célia Gautier, responsable climat-énergie au sein de la Fondation pour la nature et l’homme créée en 1990 par Nicolas Hulot : « Nous avons fait des demandes auprès du président de la République d’être reçus et nous ne l’avons pas été ».

Du coté des anti-nucléaires on n’est pas vraiment surpris par l’évènement. Pour Charlotte Mijeon, de l’association Sortir du nucléaire : « Il ne fallait pas s’attendre à grand-chose de la part d’un gouvernement qui a toujours été très proche des lobbies industriels ». Cette dernière constat, amère, « la dislocation d’une tradition politique qui consistait à au moins consulter les associations lors du processus de décision ».

Selon ces associations, la réunion été dominé par les partisans des énergies non-renouvelables. L’un de ces représentants déplore qu’  « Il y a un biais dans la façon d’appréhender le monde de l’entreprise puisque les acteurs de la transition énergétique économique n’ont pas non plus été associés ».

Célia Gautier, de la Fondation pour la nature et l’homme, s’avoue déçu par l’attitude du président qu’elle juge passéiste et sans ambition : « Le risque, c’est qu’en organisant ce rendez-vous en tête-à-tête, le président de la République nous fasse replonger dans un ancien modèle plutôt que de tourner la page des énergies du passé. [] Est-ce qu’Emmanuel Macron a envie de faire encore moins bien que ses prédécesseurs, c’est-à-dire rester dans le statu quo énergétique, ou est-ce que vraiment il va doter la France des moyens de bâtir son avenir énergétique ? C’est ce qui se joue sans doute aujourd’hui à cette réunion des PDG et dans les prochains jours, et nous espérons qu’il entendra nos demandes ».

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