Alors que les scientifiques alertent sur l’urgence climatique, le charbon reste l’une des sources d’énergie les plus utilisées au monde. Malgré les engagements internationaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, cette ressource fossile continue d’être exploitée à grande échelle, mettant en péril les objectifs climatiques mondiaux.
Un carburant historique, un désastre climatique
Le charbon a joué un rôle clé dans la révolution industrielle, alimentant usines et foyers depuis plus de deux siècles. Aujourd’hui, il représente encore environ 27 % du mix énergétique mondial, selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). Mais son coût environnemental est colossal.
Lorsqu’il est brûlé, le charbon émet du dioxyde de carbone (CO₂) en grandes quantités. Il est responsable de près de 40 % des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie. En plus du CO₂, il libère du méthane, un gaz à effet de serre encore plus puissant, et des particules fines qui aggravent la pollution de l’air.
Le charbon freine les objectifs climatiques
L’Accord de Paris, signé en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), l’utilisation du charbon doit chuter de 75 % d’ici 2030 pour espérer atteindre cet objectif. Pourtant, plusieurs pays, dont la Chine et l’Inde, continuent d’ouvrir de nouvelles centrales à charbon pour soutenir leur croissance économique.
En Europe, certains États avaient amorcé une sortie progressive du charbon, mais la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine a conduit plusieurs pays, comme l’Allemagne, à rouvrir temporairement des centrales à charbon pour pallier la pénurie de gaz.
Des alternatives en développement
Face à cette dépendance persistante, les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité) sont de plus en plus mises en avant comme solutions de remplacement. Certaines technologies, comme la capture et le stockage du carbone (CSC), visent à réduire les émissions du charbon, mais leur coût reste élevé et leur efficacité limitée.
De nombreux experts appellent à des politiques plus strictes pour accélérer la transition énergétique, notamment en mettant fin aux subventions aux énergies fossiles et en investissant davantage dans les infrastructures vertes.
Vers un avenir sans charbon ?
Si certains pays, comme le Royaume-Uni et le Canada, prévoient d’éliminer totalement le charbon d’ici 2030, d’autres restent à la traîne. La fermeture des mines et des centrales à charbon pose aussi des défis sociaux et économiques, notamment pour les travailleurs du secteur.
L’avenir du climat dépendra donc des choix politiques et industriels des prochaines années. Une chose est sûre : pour limiter le réchauffement climatique, il faudra tourner la page du charbon plus rapidement que prévu.
