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Verre: le magasin U Express lance la consigne RéUse à Cholet

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C’est une petite révolution verte qui a discrètement fait son apparition dans les rayons du centre commercial des Arcades Rougé, à Cholet (Maine-et-Loire). Depuis le 2 août 2025, le magasin U Express propose à ses clients de rapporter leurs bouteilles en verre vides grâce à un nouveau système de consigne développé dans le cadre du programme national RéUse. L’idée est simple : déposer son contenant usagé dans une borne dédiée, obtenir en retour un bon d’achat ou un remboursement, et contribuer ainsi à une économie circulaire plus vertueuse.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réutilisation des emballages, initiée à l’échelle nationale par l’entreprise Citeo. Le projet RéUse, dont le nom évoque à la fois le réemploi et la durabilité, vise à déployer 55 millions d’emballages réemployables dans plusieurs régions françaises. Et parmi les premières zones de test : les Pays de la Loire, la Bretagne, la Normandie et les Hauts-de-France.

Un système incitatif pour changer les habitudes

Le supermarché choletais a installé un dispositif automatisé en libre accès. Le principe est connu : les clients glissent leurs bouteilles vides dans la machine, qui les scanne, les trie, puis délivre une contrepartie. « Un bon d’achat utilisable immédiatement en caisse ou un remboursement », explique la direction de l’U Express sur ses réseaux sociaux. L’opération se veut simple, rapide et accessible à tous.

Ce geste du quotidien pourrait bien transformer la manière dont les Français envisagent la gestion de leurs déchets. En France, plus de 3 milliards de bouteilles en verre sont utilisées chaque année. Si le recyclage est déjà bien installé dans les foyers, le réemploi reste marginal. Pourtant, laver et réutiliser une bouteille en verre permettrait d’économiser jusqu’à 80 % d’énergie comparé à sa refonte complète. L’enjeu est donc de taille.

RéUse : vers une nouvelle culture du réemploi

Le projet RéUse ne se limite pas à la collecte. Il ambitionne de structurer toute une filière autour du réemploi du verre. Cela inclut la logistique de récupération, le lavage industriel des contenants, leur reconditionnement et leur remise en rayon. Une boucle complète, pensée pour s’ancrer localement, en partenariat avec les producteurs, les distributeurs et les collectivités.

Citeo, qui coordonne l’opération, insiste sur la nécessité de tester le dispositif dans des territoires pilotes avant de l’étendre à l’ensemble du pays. Le choix de régions variées – de la Bretagne urbaine à la ruralité des Hauts-de-France – permettra de comparer les résultats et d’ajuster le modèle. À Cholet, les premiers retours sont encourageants. Les clients accueillent positivement la démarche, sensibles à l’idée de faire un geste concret pour la planète, tout en étant récompensés.

Le verre, un matériau à fort potentiel

Pourquoi miser sur le verre ? Parce qu’il possède des propriétés idéales pour le réemploi : il ne se dégrade pas au contact des aliments, supporte bien les cycles de lavage, et conserve ses qualités dans le temps. Historiquement, la consigne sur les bouteilles en verre a longtemps été la norme en France, avant de disparaître progressivement dans les années 1980 avec l’arrivée du plastique et du tout-jetable.

Le retour de ce système pourrait donc marquer un tournant dans les modes de consommation. Encore faut-il convaincre les consommateurs de sa pertinence. D’où l’importance des incitations financières, mais aussi d’un discours pédagogique, qui explique les bénéfices environnementaux d’un tel geste.

Un modèle économique à construire

Au-delà de l’impact écologique, RéUse pose aussi la question du modèle économique. Comment organiser efficacement la collecte, le transport, le lavage et la redistribution des contenants sans alourdir la facture pour les commerçants et les consommateurs ? Des expérimentations comme celle de Cholet permettront de répondre à ces interrogations en conditions réelles.

Pour les producteurs locaux, comme les maraîchers, brasseurs ou artisans qui utilisent déjà des bouteilles en verre, c’est aussi une opportunité de s’intégrer dans une chaîne plus durable, qui valorise leurs efforts. Certains d’entre eux participent activement aux ateliers de sensibilisation organisés dans les quartiers, comme le rappelle l’association CoMMeR (Conserverie mobile et solidaire de Mérignac), partenaire du programme dans la région.

Une première étape vers un changement plus large

L’exemple de Cholet n’est qu’un début. Si les résultats sont concluants, d’autres enseignes pourraient emboîter le pas dans les mois à venir. Le ministère de la Transition écologique, qui soutient l’expérimentation, mise sur ces projets pilotes pour nourrir ses futures politiques publiques autour de la réduction des déchets et de la sobriété des emballages.

Pour l’heure, l’enjeu est d’ancrer cette pratique dans le quotidien des habitants. Avec RéUse, la consigne revient dans les supermarchés, non plus comme une nostalgie d’un passé révolu, mais comme une promesse d’avenir. Un avenir où chaque geste, aussi simple soit-il, participe à un mouvement collectif vers un mode de vie plus responsable.

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