Le gouvernement français renforce son effort budgétaire. Réuni à Bercy lors d’un comité d’alerte consacré aux finances publiques, l’exécutif a annoncé un nouveau plan d’économies de 3 milliards d’euros afin de limiter la dérive des dépenses publiques, tout en reconnaissant que l’objectif de ramener le déficit à 5 % du PIB en 2026 s’annonce particulièrement difficile.
Un objectif budgétaire sous pression
À l’issue de la réunion, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a admis que la trajectoire budgétaire serait complexe à respecter. Selon lui, atteindre un déficit public limité à 5 % du produit intérieur brut demeure l’objectif du gouvernement, même si les conditions économiques rendent cet engagement plus difficile à tenir.
Cette réunion de suivi des finances publiques avait précisément pour objectif d’évaluer les risques pesant sur les comptes de l’État et d’identifier les ajustements nécessaires pour limiter le dérapage budgétaire.
Trois milliards d’euros de nouvelles économies
Le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, a détaillé le dispositif annoncé à l’issue du comité. L’exécutif estime que de nouveaux risques de dépenses, à hauteur de 3 milliards d’euros, sont apparus pour l’État et la Sécurité sociale.
Selon le gouvernement, environ 2 milliards d’euros concernent directement le budget de l’État, notamment en raison de plusieurs dispositifs d’aide mis en place ces derniers mois. Le milliard d’euros restant est lié aux dépenses de la Sécurité sociale.
Pour compenser ces surcoûts, l’exécutif prévoit des mesures de régulation budgétaire destinées à freiner la progression des dépenses publiques, avec un objectif d’économies équivalent aux nouveaux besoins identifiés.
Des interrogations sur le contenu des mesures
L’annonce suscite toutefois des interrogations. Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson, a indiqué que ces 3 milliards d’euros prendraient notamment la forme de gels de crédits, tout en regrettant que leur répartition n’ait pas été précisée lors de la réunion.
Même constat du côté des représentants syndicaux. Denis Gravouil a confirmé le montant évoqué, tout en soulignant que les mesures envisagées n’avaient pas été détaillées.
Cette nouvelle annonce illustre les difficultés auxquelles le gouvernement est confronté pour contenir le déficit public dans un contexte marqué par des dépenses élevées et une croissance économique qui reste insuffisante pour améliorer rapidement les finances publiques.
