Le 21 juillet 2025, le service public de l’eau potable du bassin cannois a reçu le premier label international, créé par l’organisme indépendant Aquacert International (avec l’appui et l’expertise de Suez) pour certifier la qualité et la performance des services publics de l’eau. Cette labellisation, qui constitue une première mondiale, récompense les efforts conjugués du syndicat chargé de la gestion de l’eau potable (Sicasil), de la communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins, et de leur partenaire Suez, via sa société dédiée So’Eau.
Les trois partenaires ont engagé des chantiers d’envergure et développé de multiples innovations pour assurer aux usagers un service performant, tout en préservant la ressource en eau et l’environnement dans le contexte du dérèglement climatique : installation de membranes d’ultrafiltration et déploiement d’ultra-violets pour le traitement des eaux ; mise en place de nombreux capteurs pour suivre en temps réel la qualité de l’eau et de 26 000 compteurs connectés pour limiter les fuites et préserver la ressource ; renouvellement du réseau d’eau potable (90 M€ investis depuis 2021 pour renouveler 200 km de canalisations).
Une gestion de l’eau comme ressource naturelle
Résultat : le taux de rendement du réseau est passé de 69 % à 83 %, soit une économie de prélèvement en milieu naturel de 4,5 millions de m³ d’eau depuis 2001. Le tout, en maintenant un prix de l’eau inférieur de 30 % à la moyenne nationale.
« Nous sommes fiers que le bassin cannois serve de référence mondiale dans la gestion stratégique et anticipée de la ressource en eau », souligne David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Agglomération Cannes Lérins. « L’obtention de ce label est une reconnaissance importante des actions pionnières menées pour améliorer constamment le service public de l’eau ». « L’eau est une ressource de plus en plus précieuse et fragile. Notre mission est de fournir l’accès à une eau de qualité en quantité suffisante à nos clients, tout en préservant l’environnement », ajoute Xavier Girre, directeur général de Suez.
Dans le même esprit d’innovation et de gestion durable, Suez expérimente ailleurs en France des approches qui visent à transformer les infrastructures d’assainissement en véritables sites de production de ressources. À Pau-Lescar, l’usine de dépollution des eaux usées, exploitée pour la communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées, illustre cette évolution : elle est devenue une installation à énergie positive capable de valoriser intégralement le CO₂ issu du traitement des boues. Les procédés de méthanisation et de méthanation employés y produisent du biométhane et du méthane de synthèse, réinjectés dans le réseau, tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre.
Ces technologies, encore rares, permettent aussi de réduire fortement le volume des boues d’épuration grâce à un procédé d’ultra-déshydratation par carbonisation hydrothermale, trois à quatre fois moins énergivore que les traitements classiques. L’objectif n’est pas seulement d’améliorer le rendement énergétique, mais d’inscrire le traitement de l’eau dans une logique d’économie circulaire : faire des stations d’épuration des sites capables de produire de l’énergie renouvelable et de réduire leur impact environnemental.
Cette évolution traduit une tendance de fond dans la gestion de l’eau : passer d’un modèle centré sur le traitement à une approche plus globale, où chaque étape du cycle devient une opportunité de préservation et de valorisation de la ressource.
Vers une nouvelle approche de la gestion des déchets
Changement de secteur, mais logique identique : expertise, innovation et objectifs concrets. En octobre 2021, Suez a signé avec la communauté d’agglomération du Grand Montauban l’un des premiers contrats de performance des déchets ménagers et assimilés (CPDMA), dans le but d’accompagner la collectivité vers une réduction de 10 % de ses déchets.
Ces contrats, mis au point par l’Ademe, s’inscrivent dans le cadre de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) de février 2020. Ils introduisent un changement de modèle significatif dans la gestion des déchets : la rémunération des entreprises n’est plus basée sur le tonnage collecté, mais sur les résultats obtenus en matière de réduction des volumes. L’objectif est de passer d’une logique de collecte à une logique de prévention et d’économie circulaire.
Les premiers résultats sont encourageants : deux ans après le lancement du contrat, le volume des encombrants a diminué de 31 %, les déchets verts de 17 %, les ordures ménagères de 7 % et la collecte sélective des emballages de 5 %. Pour atteindre ces performances, Suez a déployé plusieurs mesures : création d’une déchetterie intégrant une recyclerie, campagnes de sensibilisation pour encourager de nouveaux comportements, collecte différenciée des biodéchets, conteneurs équipés de puces électroniques et véhicules dotés de systèmes embarqués, et collaboration avec des partenaires locaux de l’économie sociale et solidaire.
Qu’il s’agisse de l’eau ou des déchets, ces exemples montrent que la gestion des services publics repose sur des innovations techniques et organisationnelles, souvent invisibles pour le grand public, mais déterminantes pour l’efficacité et la durabilité. Les initiatives du bassin cannois et de Montauban illustrent une tendance claire : passer d’un modèle centré sur le traitement ou la collecte à une approche globale, intégrant prévention, performance et préservation des ressources. Dans un contexte de pression environnementale croissante, ces démarches témoignent de l’importance de repenser les services en faveur du public pour allier qualité et responsabilité écologique.
