Les termites pourraient sauver les forêts tropicales

Environnement

Les termites sont généralement chassées pour leur capacité à s’attaquer au bois. Pourtant, cette espèce nuisible pourrait aider les arbres à prospérer. Grâce à leur rôle dans la décomposition organique, elles permettent aux végétaux de capter les nutriments et le carbone dont ils ont besoin pour croître.

Un constat alarmant

Dans une étude publiée hier dans le Journal of Applied Ecology, les chercheurs ont révélé que les termites ne se développent pas dans les forêts tropicales replantées d’Australie. Ils s’inquiètent du déclin de ces espèces qui pourrait empêcher les forêts de prospérer à nouveau. Baptiste Wijas, docteur à l’Institut Cary, explique que “les gens ont tendance à croire qu’il suffit de planter une diversité d’arbres pour que ces forêts tropicales se régénèrent”. La réalité est en fait bien plus complexe.

En visite à l’université de Queensland en Australie, le chercheur affirme qu’il faut avant tout penser la biodiversité dans son ensemble afin de “rétablir les processus d’écosystème qui aident au fonctionnement de la forêt”. Le scientifique déplore que “personne ne pense vraiment à ça”.

Des termites pour sauver la replantation des forêts

Parmi toutes les espèces de termites recensées, seules 3% d’entre elles s’attaquent aux habitations humaines. Peu de choses sont connues à propos des termites tropicales alors même que Baptiste Wijas les suspecte de capter des molécules carbonées dans leurs nids. “Il se pourrait même qu’elles captent davantage de carbone qu’elles n’en émettent” ajoute-t-il. “Mais nous n’en savons encore rien”.

Les termites sont également connues pour être associées à des bactéries dites “fixatrices d’azote”. Elles contribuent à protéger les arbres contre les maladies et à garantir une croissance stable. Les scientifiques de l’Institut Cary aimeraient étudier d’autres espèces, en particulier certains champignons et lézards. Si les termites venaient à repeupler les forêts tropicales, d’autres espèces bienfaitrices pourraient les y suivre.

Ces questions sont importantes parce que la replantation de forêts tropicales constitue un challenge majeur dans la reforestation mondiale. Cette stratégie, qui implique souvent l’abandon de zones cultivables au profit de jeunes arbres, permet de capter le carbone de l’atmosphère et d’entretenir une image positive du territoire. En échange, il est nécessaire d’abandonner des sites de production et de tenir compte des coûts engendrés par la replantation. 

Après plusieurs études menées en Amérique Latine, il apparaît que l’activité des termites n’est pas la même lorsqu’on compare la forêt tropicale ancienne, et celle replantée ces dix dernières années. Même après 12 ans de replantation de jeune forêt tropicale, les termites y consomment le bois beaucoup plus lentement que dans la forêt pluriséculaire. La diversité des colonies semble en être la cause, ce qui empêche les arbres de croître normalement et de se reproduire. S’ensuit un appauvrissement conséquent des sols, une perte de nutriments et une diminution de la captation du carbone atmosphérique.

Une des solutions envisagées a été de greffer du bois tropical dans de jeunes pousses pour aider les insectes à s’acclimater à leur environnement et régénérer les forêts. Les chercheurs espèrent que la qualité de ces nutriments soit abondante. Ainsi il serait possible de sauver les espèces qui interviennent dans la décomposition de matière organique, telles que les termites.

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