Réforme des retraites : Astrid Panosyan-Bouvet plaide pour un allongement de la durée de travail

Travail Une

Face à un diagnostic financier jugé « préoccupant » par la Cour des comptes, la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a réaffirmé dimanche la nécessité de « travailler plus longtemps ». Cette déclaration intervient alors que le gouvernement et les partenaires sociaux entament une réflexion sur une révision de la réforme des retraites de 2023. La ministre a également évoqué l’introduction d’une dose de capitalisation dans le système, un sujet qu’elle estime devoir faire partie des discussions.

Un système de retraites sous tension

Le rapport de la Cour des comptes, publié jeudi, dresse un tableau alarmant de la situation financière des retraites en France. Selon l’institution, le système actuel, basé sur la répartition, n’est pas soutenable à long terme s’il n’est pas rééquilibré. « Un régime par répartition […] quand il n’est pas équilibré, ce n’est pas un système viable », a déclaré la ministre sur France Info. Ce rapport servira de base à trois mois de travaux entre les partenaires sociaux pour revoir la réforme des retraites.

Quels leviers pour rééquilibrer le système ?

Interrogée sur les mesures à envisager, Astrid Panosyan-Bouvet a évoqué plusieurs pistes, sans en privilégier une en particulier. « Il faut regarder l’ensemble des leviers aujourd’hui, ça peut être la mesure d’âge, ça peut être la durée de cotisation, ça peut être la sous-indexation des retraites par rapport à l’inflation », a-t-elle expliqué. Elle a cependant insisté sur la nécessité de travailler plus longtemps, notamment en raison de l’allongement de l’espérance de vie en bonne santé. « Dans un monde où l’espérance de vie en bonne santé augmente, il y a la nécessité de travailler plus longtemps, notamment pour augmenter le taux d’emploi de nos seniors », a-t-elle souligné.

La capitalisation, un sujet à débattre

La ministre a également abordé la question de la capitalisation, un sujet souvent considéré comme tabou dans les discussions sociales. Elle a rappelé que 15 millions de Français ont déjà recours à des systèmes de capitalisation pour compléter leur retraite. « Ce n’est absolument pas tabou pour les Français, et ça doit faire partie des sujets de discussion », a-t-elle affirmé. Cette proposition, initialement portée par la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), pourrait selon elle apporter une solution partielle aux défis financiers du système actuel.

Les partenaires sociaux au cœur du débat

Astrid Panosyan-Bouvet a tenu à souligner que les décisions finales reviendraient aux partenaires sociaux. « Maintenant, c’est vraiment aux partenaires sociaux de se saisir de ce rapport pour se rendre compte, sur des chiffres incontestables, qu’il y a un problème, et puis de proposer des compromis », a-t-elle déclaré. Elle a également rappelé qu’un deuxième rapport de la Cour des comptes, attendu pour avril, portera sur les conséquences des régimes de retraite sur l’emploi et la compétitivité.

Prendre en compte les carrières pénibles

Enfin, la ministre a insisté sur la nécessité de prendre en compte les situations particulières, notamment celles des travailleurs ayant exercé des métiers pénibles. « Il faut prendre en compte la question des carrières pénibles, des métiers qui ne sont pas tenables toute une vie », a-t-elle rappelé, soulignant que toute réforme devra être équilibrée et juste.

Alors que les discussions s’annoncent complexes, la question des retraites reste un sujet brûlant, avec des enjeux financiers, sociaux et politiques majeurs. Les prochains mois seront déterminants pour l’avenir du système français.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *