Va-t-on assister à un revirement spectaculaire dans la composition des menus scolaires ? Après avoir longtemps milité pour un apport en protéine animale (viande, poisson) régulier devant contribuer à une alimentation saine et équilibrée, les associations commencent à faire machine-arrière. Greenpeace explique pourquoi.
Selon une enquête réalisée par l’ONG Greenpeace, sept enfants sur dix qui mangent à la cantine se voient proposer de la viande ou du poisson chaque jour. L’enquête nationale faite auprès de 12 000 parents répartis sur 3 200 communes montre ainsi que les protéines animales ont cannibalisé les assiettes des enfants. L’ONG estime que cette forte consommation de viande est nocive pour la santé et a un impact environnemental négatif. Ainsi, selon Greenpeace « l’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial ».
La place des menus végétariens est encore trop faible. Seuls 9 % des enfants demi-pensionnaires se voient proposer un repas sans viande ni poisson une fois par semaine. 69 % des enfants n’auraient jamais de menu végétarien selon l’enquête réalisée par Greenpeace. « Si certaines villes font des efforts, la grande majorité des communes est très en retard et ne propose quasiment jamais de repas végétariens » juge l’association écologiste.
Une consommation trop importante de protéine animale peut contribuer au développement de maladies chroniques comme l’obésité, le diabète et certains cancers. Pourquoi la majorité des cantines scolaires est-elle tombée dans cet excès ? Pour Greenpeace, cela ne fait aucun doute que le lobbying agro-alimentaire porte une grande responsabilité.
Les menus proposés dans les cantines seraient largement influencés par les lobbies intéressés par de (futurs) consommateurs. Les lobbies du sucre et du lait ont investi dans des programmes dirigés à l’attention des écoliers . C’est aujourd’hui le lobby de la viande qui vient frapper à son tour à la porte des écoles.
En réponse à cette situation, Greenpeace a lancé une pétition demandant à Emmanuel Macron « de mettre fin à la surconsommation de viande dans les écoles ». Quatre axes composent la politique que veut mettre en place l’ONG : deux repas végétariens par semaine, l’augmentation de la part du bio, l’interdiction pour les lobbies de franchir la porte des écoles et la limitation de leur influence dans les instances de décisions. Un programme qui a déjà séduit près de 120 000 signataires. Le président de la République sera-t-il sensible à cet appel ?
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