Près de deux ans après le passage du cyclone Chido, la hausse des prix reste plus marquée à Mayotte que dans l’Hexagone. L’alimentation, et tout particulièrement les produits frais, demeure l’un des principaux moteurs de cette inflation.
Les effets du cyclone Chido restent visibles dans le budget des ménages mahorais. Selon les dernières données publiées par l’Insee sur l’évolution des prix dans le département, l’alimentation a connu une progression particulièrement importante entre décembre 2024 et décembre 2025.
Sur cette période, les prix alimentaires ont augmenté de 5,1 % à Mayotte, contre 1,7 % à l’échelle nationale. L’écart est encore plus marqué pour les produits frais, dont les prix ont bondi de 7,1 % sur l’île alors qu’ils reculaient dans l’ensemble de la France.
Les perturbations de l’approvisionnement provoquées par Chido ont alimenté les tensions sur les prix durant plusieurs mois. Une situation particulièrement sensible à Mayotte, où les dépenses alimentaires occupent une place importante dans le budget des familles : elles en représentent près d’un quart, soit une proportion nettement supérieure à celle observée au niveau national.
L’alimentation a ainsi contribué à hauteur de 1,2 point à l’inflation sur un an. Les services arrivent juste derrière, avec une contribution d’un point, notamment sous l’effet de l’augmentation du coût du transport aérien.
À l’inverse, la stabilité des prix des produits manufacturés et surtout le recul des tarifs de l’énergie ont permis d’atténuer la progression générale des prix sur la période étudiée.
Dans ce contexte, la question du pouvoir d’achat reste particulièrement sensible à Mayotte et pourrait relancer le débat autour du Bouclier qualité-prix, un dispositif destiné à encadrer le prix d’une sélection de produits de première nécessité.
D’autant que de nouvelles tensions sont apparues depuis les données analysées par l’Insee. Au 1er septembre 2026, le litre de gazole a atteint 2 euros à Mayotte, tandis que le sans-plomb s’établissait à 2,05 euros. Une hausse qui pèse directement sur le budget des automobilistes, mais qui peut également se répercuter sur les coûts de transport et d’acheminement des marchandises.
Dans un territoire fortement dépendant des importations, la combinaison de prix alimentaires élevés et de carburants plus chers continue ainsi de mettre sous pression le pouvoir d’achat des ménages mahorais.
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