La députée du Morbihan Anne Le Hénanff a été nommée ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, rattachée à Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Une nomination stratégique pour cette élue Horizons, spécialiste reconnue des enjeux technologiques, de la cybersécurité et de la transformation numérique.
Après la reconduction de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre vendredi soir, la nouvelle composition gouvernementale a été dévoilée dans la nuit de dimanche à lundi avant d’être publiée au Journal Officiel. Parmi les nouveaux visages, celui d’Anne Le Hénanff marque un tournant dans la politique numérique française.
La députée de la première circonscription du Morbihan, porte-parole du groupe Horizons à l’Assemblée nationale, succède à Naïma Moutchou, désormais ministre des Outre-Mer, et à Clara Chappaz, qui avait occupé ce portefeuille sous les gouvernements Barnier puis Bayrou. La création d’un ministère délégué spécifiquement chargé de l’Intelligence artificielle et du Numérique, placé sous l’autorité directe de Roland Lescure, traduit la volonté de Bercy de reprendre la main sur les grands enjeux technologiques et économiques liés au numérique.
Cette nomination intervient dans un contexte de forte accélération mondiale sur les questions d’IA, de régulation des données et de souveraineté numérique. Pour la France, l’enjeu est double : s’imposer comme un acteur majeur de l’innovation tout en garantissant la sécurité et la transparence de ces technologies.
Élue du Morbihan depuis 2022, Anne Le Hénanff s’est rapidement distinguée à l’Assemblée nationale par son expertise dans les domaines techniques et stratégiques du numérique. Membre de la commission de la Défense nationale et des Forces armées, elle a été rapporteuse de plusieurs groupes de travail majeurs : sur la résilience des infrastructures critiques et le renforcement de la cybersécurité (septembre 2025), sur le quantique et la défense (juillet 2025), sur la directive européenne NIS 2 (avril 2025) ou encore sur la sécurisation et la régulation de l’espace numérique (août 2023).
Ces travaux l’ont placée au cœur des réflexions sur la souveraineté numérique, la protection des systèmes d’information et la place de la France dans la compétition technologique internationale. À l’heure où l’intelligence artificielle bouleverse les équilibres économiques, industriels et éthiques, cette solide expérience parlementaire lui donne une légitimité rare pour piloter la stratégie nationale.
Avant d’embrasser la carrière politique, Anne Le Hénanff a mené un parcours professionnel ancré dans la réalité du numérique. Entre 2018 et 2022, elle a été titulaire de la chaire « Cybersécurité des grands événements publics » à la fondation Université Bretagne Sud, contribuant à renforcer la préparation des infrastructures et des acteurs aux risques liés aux cyberattaques.
Consultante et formatrice en conduite du changement, elle a accompagné entreprises et administrations dans leur transformation numérique, insistant toujours sur la nécessité d’allier innovation et sécurité. Diplômée de l’EM Normandie Business School, elle défend une approche humaine et pragmatique de la technologie : comprendre les usages, anticiper les vulnérabilités, former les utilisateurs.
Cette double compétence — stratégique et opérationnelle — sera précieuse dans un portefeuille où se croisent des enjeux industriels, économiques, éthiques et sociétaux.
À Bercy, Anne Le Hénanff devra coordonner la mise en œuvre des politiques publiques liées à l’intelligence artificielle, au cloud souverain, à la régulation des plateformes et à la cybersécurité. Ces sujets se situent à la croisée des politiques industrielles et des régulations numériques, et exigent une approche fine entre compétitivité et protection.
La ministre devra notamment piloter la déclinaison française du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act), soutenir les acteurs nationaux du secteur et veiller à la montée en puissance des infrastructures souveraines. Dans un paysage dominé par les géants américains et chinois, la France cherche à se doter de champions capables de rivaliser tout en respectant les valeurs européennes de transparence et d’éthique.
Le défi est immense : concilier les impératifs de performance économique avec la maîtrise des risques, qu’il s’agisse de cybersécurité, de protection des données ou d’impact social.
Avec cette nomination, le parti Horizons renforce sa présence au sein du gouvernement et confirme sa spécialisation sur les sujets de souveraineté et de transformation. Pour Anne Le Hénanff, c’est la reconnaissance d’un engagement constant et d’une expertise rare dans un domaine où peu de responsables politiques affichent une telle maîtrise.
Originaire de Bretagne, proche du terrain et attentive aux enjeux des territoires, elle pourrait aussi jouer un rôle d’interface entre les grands projets nationaux et les réalités locales de la transition numérique : inclusion, formation, emploi, infrastructures.
La nouvelle ministre arrive avec une feuille de route ambitieuse : faire de la France non seulement un acteur clé de l’intelligence artificielle mondiale, mais aussi un modèle de gouvernance numérique responsable. En conjuguant sa rigueur technique et sa culture du dialogue, Anne Le Hénanff incarne une approche sobre et compétente du numérique — à la croisée des technologies, de l’économie et de la confiance.
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