Tablettes intégrées dans les véhicules, applications d’aide à la décision, drones de cartographie : un arsenal technologique s’invite désormais dans le quotidien des forestiers. Confrontée à des difficultés de recrutement et, de ce fait, à une charge de travail accrue, la filière accélère sa numérisation, au service d’une planification plus fine, d’une logistique rationalisée, d’une optimisation de la sécurité et d’un renforcement de son attractivité. Explications.
Sans cartographie, impossible de planifier coupes, plantations ou travaux d’entretien. Longtemps, elle s’est avérée chronophage pour les forestiers, contraints d’effectuer manuellement des relevés, sur des terrains parfois difficiles d’accès. Les drones ont bouleversé cette pratique.
Désormais utilisés au quotidien, ils produisent des relevés plus précis et réguliers de l’état des peuplements, directement géoréférencés. Orthophotos et modèles topographiques facilitent ainsi la planification sylvicole et la préparation des chantiers.
Les drones renforcent aussi la sécurité des interventions. Ils évitent d’abord d’envoyer des équipes dans des zones mal connues et potentiellement dangereuses. Ils réduisent ensuite les risques, en identifiant des accès sûrs et en signalant les obstacles – pentes, ruisseaux, ruptures de relief.
Les drones produisent également des cartographies LiDAR (« Light Detection and Ranging », détection et télémétrie par la lumière), particulièrement fines. En émettant des impulsions lumineuses, ils génèrent des nuages de points 3D qui modélisent un massif forestier entier. Cette cartographie quantifie la structure forestière, en calculant la hauteur des arbres et des reliefs, y compris sous couvert végétal.
Ces données alimentent des systèmes d’information géographique (SIG) et des plateformes de gestion forestière. Ces outils numériques transforment le métier des forestiers, en offrant des gains de temps et d’efficacité significatifs.
Mais les applications de gestion forestière ne se limitent pas à la cartographie. Elles prennent également en compte de nombreuses données techniques, environnementales et juridiques, pour devenir de véritables outils d’aide à la décision. Elles deviennent ainsi de véritables alliées des forestiers pour les aider à adapter au mieux les forêts au climat de demain.
Au-delà de la planification, le numérique assure la sécurité des forestiers isolés grâce à des applications d’assistance. Bouton SOS géolocalisé, détection automatique de chute ou d’immobilité : l’alerte peut être déclenchée en quelques secondes. Des dispositifs d’assistance numérique réduisent par ailleurs les risques liés aux engins forestiers et aux outils de chantier.
Plus largement, le numérique accroît la productivité de la filière en permettant d’accomplir davantage de tâches chaque jour. Il réduit la pénibilité du métier, en limitant fortement les actions les plus physiques ou dangereuses. Ces nouvelles technologies devraient ainsi renforcer l’attractivité de la filière, et atténuer ses difficultés de recrutement.
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