Environnement

Les bâtiments, nouveaux foyers d’exposition aux PFAS

Longtemps considérée comme relevant principalement de l’alimentation ou de l’eau potable, l’exposition aux PFAS – ces substances chimiques extrêmement persistantes dans l’environnement – trouve aussi une voie d’entrée plus insidieuse : nos bâtiments. C’est ce qu’alerte le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui mène actuellement des recherches approfondies sur la présence de ces polluants dans l’air intérieur et les poussières domestiques.

Des polluants omniprésents dans les matériaux des bâtiments

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont utilisés dans une multitude de produits du quotidien pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou anti-taches. Des revêtements de sols aux textiles d’ameublement, en passant par les mousses d’isolation ou les peintures, ces composés se nichent dans de nombreux éléments de construction et de décoration. Avec le temps, ils migrent vers l’air ambiant ou se déposent sous forme de poussières, contribuant ainsi à l’exposition chronique des occupants.

Une voie d’exposition encore trop négligée

Le CSTB souligne que cette exposition intérieure reste largement méconnue du grand public, alors qu’elle peut représenter une part non négligeable de l’exposition globale, notamment chez les enfants, plus vulnérables en raison de leurs comportements et de leur proximité avec les sols et les objets. L’inhalation de particules ou l’ingestion de poussières domestiques contaminées pourrait, à terme, renforcer le fardeau chimique pesant sur les organismes humains.

Vers une meilleure évaluation des risques dans les bâtiments

Ces travaux de recherche visent à établir une cartographie plus précise des concentrations de PFAS dans l’environnement intérieur, afin d’évaluer les risques sanitaires liés à cette voie d’exposition. Le CSTB collabore avec plusieurs partenaires scientifiques et institutionnels pour intégrer ces données dans des modèles d’évaluation du risque chimique, dans une optique de prévention et de réglementation.

Alors que les PFAS sont déjà dans le collimateur des autorités sanitaires européennes – avec un projet d’interdiction progressive – cette nouvelle alerte du CSTB invite à élargir le spectre des politiques de contrôle, en intégrant pleinement l’environnement bâti comme un vecteur majeur de contamination.

La rédaction

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