Rejet de la 5G, encouragement à réduire la consommation de données, soutien à la réparation des smartphones… Depuis sa création en 2020 sous forme de coopérative, Telecoop s’impose comme un acteur unique en faveur d’un numérique plus sobre.
Alors que la nécessité de réduire notre impact écologique est au cœur des préoccupations dans les domaines de l’énergie, des transports ou de l’alimentation, l’impact du numérique reste largement méconnu. Pourtant, ce secteur représente déjà 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, rivalisant avec l’aviation, et pourrait doubler d’ici 2025. Malgré cela, les opérateurs télécoms continuent de proposer des forfaits toujours plus généreux en gigas à des prix défiant toute concurrence, banalisant ainsi l’empreinte environnementale du numérique.
« Ces pratiques donnent l’illusion que nos usages numériques sont sans conséquence, encourageant une consommation effrénée et déconnectée des réalités environnementales », déplore Marion Graeffly, cofondatrice de Telecoop, le premier opérateur télécom coopératif et engagé en France.
Face à cette tendance, Marion Graeffly et trois autres citoyens ont lancé une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (Scic) pour repenser notre rapport au numérique. Inspirée d’initiatives comme Enercoop dans l’énergie durable ou Biocoop dans l’agriculture biologique, Telecoop invite à reconsidérer nos besoins et à réduire l’impact de nos consommations numériques.
L’opérateur se distingue par une offre volontairement minimaliste : deux forfaits uniquement, dont un basé sur la consommation réelle et un autre limité à 20 gigas par mois. L’entreprise accompagne ses abonnés à travers des outils pédagogiques : simulateurs pour évaluer la consommation, conseils pour paramétrer les applications et guides pour privilégier des équipements éthiques ou réparables.
Telecoop a pris position contre la 5G, pointée du doigt pour ses conséquences environnementales et sociétales, et se refuse à vendre des smartphones, dont la production est très impactante. À la place, l’opérateur propose des aides à la réparation et sensibilise à l’allongement de la durée de vie des appareils. Contrairement à la plupart des acteurs du secteur, le modèle économique de Telecoop ne repose ni sur des ventes de téléphones ni sur l’engagement des abonnés, mais sur une facturation transparente et juste.
L’entreprise prône également une relation humaine et de proximité avec ses clients : son service client est entièrement basé en France et ses conseillers ne sont pas commissionnés sur les ventes.
Avec 10 000 abonnés, dont 150 entreprises, Telecoop attire une communauté soucieuse de mieux maîtriser son usage numérique. La consommation moyenne de ses clients s’élève à 2 gigas par mois, bien en deçà de la moyenne nationale de 13 gigas. « Nous voulons montrer qu’il est possible de reprendre le contrôle sur notre rapport au numérique et d’en limiter les excès », explique Marion Graeffly.
L’entreprise, qui compte 12 salariés, se rapproche de la viabilité économique. Les bénéfices futurs serviront à rendre les offres encore plus accessibles, aujourd’hui comprises entre 10 et 20 euros par mois, avec un supplément de 2 euros par giga consommé.
Pour Marion Graeffly, l’enjeu dépasse la simple réduction des coûts : « Moins de temps d’écran, c’est plus de temps pour soi. Nous devons réfléchir à nos priorités : avons-nous vraiment besoin de sacrifier des ressources pour regarder des vidéos de chats ? » conclut-elle avec une pointe d’humour, tout en appelant à une régulation des usages numériques.
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