Environnement

Le port de Dunkerque ambitionne sa transition

Dunkerque est un port emblématique du nord du pays y compris pour le transport de ressources énergétiques comme le charbon et le pétrole. Le port et son environnement ne cesse d’évoluer, de s’adapter à la modernité. Aujourd’hui, ce grand site industriel est capable de franchir un nouveau cap, celui de l’écologie.

L’an passé le Grand port maritime de Dunkerque a encore vu son trafic global progresser. L’année 2018 signe une augmentation de 3% pour un trafic atteignant les 51.6 MT. « Depuis cinq ans que nous travaillons sur le projet stratégique 2014-2018, nous y avons mis beaucoup d’énergie et de travail. Désormais, Dunkerque compte dans le range nord de l’Europe », affirme Stéphane Raison, président du directoire de Dunkerque Port. Cependant, il a fallu s’adapter la fermeture de la grande raffinerie des Flandres et la baisse de la demande de charbon en Europe ont influencé l’évolution du port. « Nous sommes le premier port post pétrole », constate, non sans fierté, Stéphane Raison.

Le trafic conteneurisé a aussi gagné de cette adaptation du port avec un gain de 13% en 2018. « De 2013 à 2018, la progression de ce trafic s’élève à 45% », souligne le président du directoire, qui n’hésite pas à dire que dorénavant « Dunkerque devient une place importante pour le trafic conteneurisé en Europe du nord ».

Du fait du développement de nouveaux trafics, le port poursuit ses investissements tournés vers le futur. Cette année, le Quai des Flandres, un terminal spécialisé dans les conteneurs, va voir son extension s’achever. L’achèvement de ces travaux va permettre au port d’accueillir deux navires de dernières générations en même temps. « Nous disposerons de 1000 mètres linéaires à 17 m de tirant d’eau », précise Stéphane Raison. La transition écologique s’est invitée dans ces travaux. En effet, les soubassements ont été réalisés à partir de chute de l’usine d’ArcelorMittal et retraité localement. Monsieur Raison le confirme, « cela évite d’aller piocher dans les ressources naturelles locales. De plus, nous évitons un trafic routier d’approvisionnement important ».

Enfin, la Zone de Grande Industrie (ZGI) va entrer en service à un très court intervalle.« Nous n’avions plus d’espaces pour recevoir des industriels qui souhaitaient s’implanter localement alors qu’une demande croissante se faisait sentir. Compte tenu de l’espace encore disponible dans la circonscription du port (environ 4000 hectares), la création de cette zone permet d’implanter des sociétés qui ne seront pas obligatoirement en lien avec l’activité portuaire » développe monsieur Raison. Ces bonnes nouvelles sont un signe d’espoir pour la ville mais aussi pour toute la région.

Henri Sorenson

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